Français en classe
1re · Poésie

Dire l'amour, de Ronsard à Éluard

écriture poétique et quête du sens, de Ronsard à Éluard

Créé en 2012-2013
Portrait de Charles BaudelaireCharles Baudelaire
Portrait de Guillaume ApollinaireGuillaume Apollinaire
Portrait de Pierre CorneillePierre Corneille
★Ouverture de la séquence

La frise des textes

Les 8 textes que tu vas étudier, dans l'ordre chronologique. Touche un auteur pour lire sa biographie, un titre pour aller au texte.

1Présentation

La séquence en un coup d'œil

Dire l'amour : écriture poétique et quête du sens, de Ronsard à Éluard

Fiche enseignant
Intitulé
Séquence 3 · Dire l'amour
Objet d'étude
Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours
Classe
Première ES / S
Problématique d'ouverture
Comment convaincre celle que l'on aime ? Le discours du carpe diem

Le parcours

N°ÉtapeSupport
1Corpus d'introduction et de révision : comment convaincre celle que l'on aime ?Ronsard, Colletet, Corneille, Baudelaire, Queneau
2Texte 1Ronsard, « Quand vous serez bien vieille… », Sonnets pour Hélène
3Corpus d'applicationBaudelaire, « Le Vampire » ; Verlaine, « Sérénade » ; Apollinaire, « Les Colchiques »
4« Les Djinns »Hugo, Les Orientales
5Texte 2Apollinaire, « Les Colchiques » ; « Annie », Alcools
6Bac blanc, puis Texte 3Éluard, « Nusch tu me manques… », Une leçon de morale
7Texte 4Baudelaire, « L'Invitation au voyage », Les Fleurs du mal

Les textes de la liste

TEXTE 1Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille… »Sonnets pour Hélène, 1578
TEXTE 2Guillaume Apollinaire, « Les Colchiques »Alcools, 1913
TEXTE 3Paul Éluard, « Nusch tu me manques… » (« Au mal » / « Au bien »)Une leçon de morale, 1949
TEXTE 4Charles Baudelaire, « L'Invitation au voyage »Les Fleurs du mal, 1857
2Étape 1 · Corpus d'introduction

Comment convaincre celle que l'on aime ?

Le discours du carpe diem, de Ronsard à Queneau

Planche botanique : une grande rose rose et ses boutons sur une tige feuillue
Pierre-Joseph Redouté, Rosa gallica aurelianensis, gravure coloriée tirée des Roses, 1824 ✱« Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie » : la rose, fleur du carpe diem.Domaine public · Wikimedia Commons

Les cinq textes du corpus

N°Auteur et titreRecueil, date
1Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille… »Sonnets pour Hélène, 1578 (voir Texte 1)
2Guillaume Colletet, « Claudine, avec le temps… »Amours de Claudine, 1656
3Pierre Corneille, « Stances à Marquise »1658
4Charles Baudelaire, « Une charogne »Les Fleurs du mal, 1857
5Raymond Queneau, « Si tu t'imagines »L'Instant fatal, 1948

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, II, 24 (1578), graphie de 1578
Texte 2 · « Claudine, avec le temps… »
Guillaume Colletet1598 – 1659
Claudine, avec le temps, tes grâces passeront,Ton jeune teint perdra sa pourpre et son ivoire,Le ciel qui te fit blonde un jour te verra noire,Et, comme je languis, tes beaux yeux languiront.5Ceux que tu traites mal te persécuteront,Ils riront de l'orgueil qui t'en fait tant accroire,Ils n'auront plus d'amour, tu n'auras plus de gloire,Tu mourras, et mes vers jamais ne périront.Ô cruelle à mes vœux ou plutôt à toi-même,10Veux-tu forcer des ans la puissance suprême,Et te survivre encore au-delà du tombeau ?Que ta douceur m'oblige à faire ton imageEt les ans douteront qui parut le plus beau, Ou mon esprit ou ton visage.

Guillaume Colletet, Amours de Claudine, 1656 · Lire l'œuvre

Texte 3 · Stances à Marquise
Portrait de Pierre Corneille
Pierre Corneille1606 – 1684

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Marquise, si mon visageA quelques traits un peu vieux,Souvenez-vous qu'à mon âgeVous ne vaudrez guère mieux.5Le temps aux plus belles chosesSe plaît à faire un affront,Et saura faner vos rosesComme il a ridé mon front.Le même cours des planètes10Règle nos jours et nos nuits :On m'a vu ce que vous êtes ;Vous serez ce que je suis.Cependant j'ai quelques charmesQui sont assez éclatants15Pour n'avoir pas trop d'alarmesDe ces ravages du temps.Vous en avez qu'on adore ;Mais ceux que vous méprisezPourraient bien durer encore20Quand ceux-là seront usés.Ils pourront sauver la gloireDes yeux qui me semblent doux,Et dans mille ans faire croireCe qu'il me plaira de vous.25Chez cette race nouvelle,Où j'aurai quelque crédit,Vous ne passerez pour belleQu'autant que je l'aurai dit.Pensez-y, belle Marquise :30Quoiqu'un grison fasse effroi,Il vaut bien qu'on le courtiseQuand il est fait comme moi.

Pierre Corneille, « Stances à Marquise », 1658 · Lire l'œuvre

✱Vers 7 : la copie du dossier porte « Il saura faner vos roses » ; on rétablit « Et saura faner vos roses », leçon des éditions courantes.

Texte 4 · Une charogne

✱Le poème, long de douze quatrains, est présenté ici strophe par strophe, à lire de gauche à droite.

STROPHE 1
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
STROPHE 2
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
STROPHE 3
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
STROPHE 4
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
STROPHE 5
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
STROPHE 6
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
STROPHE 7
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
STROPHE 8
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
STROPHE 9
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
STROPHE 10
— Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
À cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
STROPHE 11
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
STROPHE 12
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !

Texte 5 · Si tu t'imagines

allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie

Raymond Queneau, « Si tu t'imagines », L'Instant fatal, 1948, extrait
Carte mentale de l'étapecarpe diemVoir dans le Lexique →
3Texte 1 · Lecture analytique

Le sonnet du carpe diem

Pierre de Ronsard, « Quand vous serez bien vieille… », 1578

« Quand vous serez bien vieille… »
Portrait de Pierre de Ronsard
Pierre de Ronsard1524 – 1585

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,Assise auprès du feu, dévidant et filant,Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle.5Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,Déjà sous le labeur à demi sommeillant,Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant,Bénissant votre nom de louange immortelle.Je serai sous la terre et fantôme sans os :10Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;Vous serez au foyer une vieille accroupie,Regrettant mon amour et votre fier dédain.Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, II, 24 (1578), graphie modernisée · Lire l'œuvre

Tableau : une femme âgée en coiffe blanche tient une quenouille et tire le fil
Michael Sweerts, Vieille femme filant, huile sur toile, entre 1646 et 1648 ✱Une vieille femme qui file la laine : Hélène, « bien vieille », « dévidant et filant » au coin du feu.Domaine public · Wikimedia Commons
Carte mentale de l'étapecarpe diemVoir dans le Lexique →
4Étape 3 · Travail écrit

Corpus d'application

Baudelaire, « Le Vampire » · Verlaine, « Sérénade » · Apollinaire, « Les Colchiques »

Texte 1 · Le Vampire
Portrait de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire1821 – 1867

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Toi qui, comme un coup de couteau,Dans mon cœur plaintif es entrée ;Toi qui, forte comme un troupeauDe démons, vins, folle et parée,5De mon esprit humiliéFaire ton lit et ton domaine ;— Infâme à qui je suis liéComme le forçat à la chaîne,Comme au jeu le joueur têtu,10Comme à la bouteille l'ivrogne,Comme aux vermines la charogne,— Maudite, maudite sois-tu !J'ai prié le glaive rapideDe conquérir ma liberté,15Et j'ai dit au poison perfideDe secourir ma lâcheté.Hélas ! le poison et le glaiveM'ont pris en dédain et m'ont dit :« Tu n'es pas digne qu'on t'enlève20À ton esclavage maudit,Imbécile ! — de son empireSi nos efforts te délivraient,Tes baisers ressusciteraientLe cadavre de ton vampire ! »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Spleen et Idéal » (1857) · Lire l'œuvre

✱La photographie du dossier ne laisse lire que les deux premières strophes ; les quatre suivantes sont données d'après l'édition de 1857.

Texte 2 · Sérénade
Portrait de Paul Verlaine
Paul Verlaine1844 – 1896

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Comme la voix d'un mort qui chanterait Du fond de sa fosse,Maîtresse, entends monter vers ton retrait Ma voix aigre et fausse.5Ouvre ton âme et ton oreille au son De ma mandoline :Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson Cruelle et câline.Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx10 Purs de toutes ombres,Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx De tes cheveux sombres.Comme la voix d'un mort qui chanterait Du fond de sa fosse,15Maîtresse, entends monter vers ton retrait Ma voix aigre et fausse.Puis je louerai beaucoup, comme il convient, Cette chair bénieDont le parfum opulent me revient20 Les nuits d'insomnie.Et pour finir, je dirai le baiser De ta lèvre rouge,Et ta douceur à me martyriser, — Mon Ange ! — ma Gouge !25Ouvre ton âme et ton oreille au son De ma mandoline :Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson Cruelle et câline.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens, « Caprices » (1866) · Lire l'œuvre

Tableau : un comédien en costume rayé, assis dans un jardin, chante en jouant de la guitare, les yeux levés
Antoine Watteau, Mezzetin, huile sur toile, vers 1718-1720 (New York, Metropolitan Museum of Art) ✱Un musicien chante sous les fenêtres de sa belle : c'est la situation de la « Sérénade ».Domaine public · Wikimedia Commons

✱Texte 3 · « Les Colchiques » : le poème est reproduit dans la section suivante, consacrée à sa lecture analytique.

5Étape 4 · Atelier

Quand le mètre fait sens

Victor Hugo, « Les Djinns », Les Orientales, 1829

Gravure : des créatures ailées volent en groupe dans les nuages au-dessus d'une ville orientale
D'après Louis Boulanger, « Les Djinns », vignette gravée sur bois pour Les Orientales de Victor Hugo, 1829 (maison de Victor Hugo) ✱La ronde des Djinns : le mètre du poème grandit puis décroît comme leur vol.Domaine public · Wikimedia Commons
STROPHE 1
Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.
STROPHE 2
Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !
STROPHE 3
La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.
STROPHE 4
La rumeur approche,
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit.
STROPHE 5
Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns ! Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.
STROPHE 6
C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.
STROPHE 7
Ils sont tout près ! Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !
STROPHE 8
Cris de l'enfer ! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !
STROPHE 9
Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !
STROPHE 10
Ils sont passés ! Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !
STROPHE 11
De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.
STROPHE 12
D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.
STROPHE 13
Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.
STROPHE 14
Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.
STROPHE 15
On doute
La nuit…
J'écoute :
Tout fuit,
Tout passe ;
L'espace
Efface
Le bruit.

✱Victor Hugo, « Les Djinns », Les Orientales, XXVIII (1829). Le texte du dossier est donné sans l'épigraphe de Dante.

Carte mentale de l'étapemètreVoir dans le Lexique →
6Texte 2 · Lecture analytique

L'amour empoisonné

Guillaume Apollinaire, « Les Colchiques », Alcools, 1913

Les Colchiques
Portrait de Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire1880 – 1918

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Le pré est vénéneux mais joli en automneLes vaches y paissantLentement s'empoisonnentLe colchique couleur de cerne et de lilas5Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-làViolâtres comme leur cerne et comme cet automneEt ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonneLes enfants de l'école viennent avec fracasVêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica10Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mèresFilles de leurs filles et sont couleur de tes paupièresQui battent comme les fleurs battent au vent démentLe gardien du troupeau chante tout doucementTandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent15Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913 · Lire l'œuvre

Planche botanique : des fleurs mauves de colchique sur de longues tiges, avec le bulbe et les graines
Colchique d'automne (Colchicum autumnale), planche de Köhler's Medizinal-Pflanzen, 1897 ✱La fleur « couleur de cerne et de lilas », jolie mais vénéneuse comme les yeux de la bien-aimée.Domaine public · Wikimedia Commons

Prolongement : un autre poème d'Annie

Annie

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Sur la côte du TexasEntre Mobile et Galveston il y aUn grand jardin tout plein de rosesIl contient aussi une villa5Qui est une grande roseUne femme se promène souventDans le jardin toute seuleEt quand je passe sur la route bordée de tilleulsNous nous regardons10Comme cette femme est mennoniteSes rosiers et ses vêtements n'ont pas de boutonsIl en manque deux à mon vestonLa dame et moi suivons presque le même rite

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913 · Lire l'œuvre

Carte mentale de l'étapefemme fataleVoir dans le Lexique →
7Bac blanc · Texte 3

Le chant du deuil

Paul Éluard, « Nusch tu me manques… », Une leçon de morale, 1949

Vingt-huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble
Voici le jour
En trop : le temps déborde

Paul Éluard, Le temps déborde, 1947, extrait
Au mal
Portrait de Paul Éluard
Paul Éluard1895 – 1952
Nusch tu me manques c'est soudainComme si la forêt pouvait manquer à l'arbreJe n'ai jamais écrit de poème sans toiJe suis dans un bain froid5De solitude de misèreEt les mots ont le poids des loques sur les plaiesEt les images sont avares et butéesEt tout ce que je dis réfléchit une absenceJe reçois le présent comme un trésor la pioche10Mon plaisir maintenant c'est de tuer le tempsSe masquant de fumée le bois vert a brûléLes feuilles et les flammes n'étaient pas visiblesÔ toi ma grande étoile noire tu t'éloignesTon cercle n'est qu'un point celui de mon domaine15Toi ma vision changée en aveugle insensibleSupprime les reflets les échos du mensongeSupprime mon remords de vivreAnnule les baisers que je reçois en vain.

Tableau : un grand chêne isolé au milieu d'une plaine verte, des montagnes à l'horizon
Caspar David Friedrich, L'Arbre solitaire, huile sur toile, 1822 ✱Un arbre seul dans la plaine : « comme si la forêt pouvait manquer à l'arbre ».Domaine public · Wikimedia Commons
Au bien
Mon amour nous dormions ensembleEt nous avons ri au matinEnsemble tout le temps qu'il nous fallait pour vivreToute une éternité5Et plus je te voyais vivre à côté de moiPlus je te confondais avec l'aube et l'étéDormir profond rêver plus hautEt s'éveiller l'un bien à l'autreTelle est la loi de l'innocence10Et vivre plus haut que nos rêvesÊtre pareils par la confianceTel a été notre plaisirDans un monde toujours trop jeune d'un instantPouvions-nous donc prévoir l'hiver ou notre mort15Croire au fossile avant la fin du grand printempsRaison nous étions deux à t'incarner légèreComme une joue sous la rougeur du feu premierRaison nous étions libres nous avons vaincu.

Paul Éluard, Une leçon de morale (1949) · Lire l'œuvre

8Texte 4 · Lecture analytique

L'invitation amoureuse

Charles Baudelaire, « L'Invitation au voyage », Les Fleurs du mal, 1857

L'Invitation au voyage
Portrait de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire1821 – 1867

▶ Écouter ce texte lu (YouTube)

Mon enfant, ma sœur,Songe à la douceur D'aller là-bas vivre ensemble !Aimer à loisir,5Aimer et mourir Au pays qui te ressemble !Les soleils mouillésDe ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes10Si mystérieuxDe tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.15Des meubles luisants,Polis par les ans, Décoreraient notre chambre ;Les plus rares fleursMêlant leurs odeurs20 Aux vagues senteurs de l'ambre,Les riches plafonds,Les miroirs profonds, La splendeur orientale,Tout y parlerait25À l'âme en secret Sa douce langue natale. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.Vois sur ces canaux30Dormir ces vaisseaux Dont l'humeur est vagabonde ;C'est pour assouvirTon moindre désir Qu'ils viennent du bout du monde.35— Les soleils couchantsRevêtent les champs, Les canaux, la ville entière,D'hyacinthe et d'or ;Le monde s'endort40 Dans une chaude lumière. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Spleen et Idéal » (1857) · Lire l'œuvre

Tableau : une ville hollandaise aux toits rouges au bord de l'eau, sous un grand ciel nuageux
Johannes Vermeer, Vue de Delft, huile sur toile, 1660-1661 (La Haye, Mauritshuis) ✱Une ville hollandaise au bord de l'eau : le « là-bas » rêvé de l'invitation au voyage.Domaine public · Wikimedia Commons
Tableau : des voiliers sur un fleuve calme baigné d'une lumière dorée, une ville au loin
Aelbert Cuyp, La Meuse à Dordrecht, huile sur toile, 1650 (Washington, National Gallery of Art) ✱« Vois sur ces canaux dormir ces vaisseaux » dans la lumière « d'hyacinthe et d'or ».Domaine public · Wikimedia Commons
Carte mentale de l'étapeévasionVoir dans le Lexique →
9Étape 8

Bilan de la séquence

Dire l'amour, dire le temps

✱Le bilan se fait à l'oral, en classe entière, à partir des textes de la liste et du corpus d'introduction. Il prépare l'entretien de l'oral de l'EAF.

AaMémento

Lexique

Les cartes mentales et les mots à connaître de la séquence, pour apprendre et réviser.

Les cartes mentales ✱

Une carte par mot important : au centre le mot, autour ses synonymes, ses contraires, sa famille, son origine, ses expressions et les œuvres où il compte. Lis-la, cache-la, puis redessine-la de mémoire.

Carte mentale ✱carpe diemlocution latine
Synonymes

profite du jour présentcueille le jourvivre l'instant

Champ lexical

rosejeunessevieillessecueillirbeautéfuite du temps

Étymologie
  • carpe latin : cueille, profite (impératif de carpere)
  • diem latin : le jour (de dies)
  • Horace Odes, I, 11 : origine de la formule
Expressions
  • « Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie » : dernier vers de « Quand vous serez bien vieille », Ronsard
  • profiter de l'instant présent : le sens courant
Références culturelles
  • Horace, Odes, 23 av. J.-C.Ode à Leuconoé d'où vient l'expression « carpe diem » : cueille le jour présent.
  • Pierre de Ronsard, « Mignonne, allons voir si la rose », 1553Ronsard invite la jeune femme à profiter de sa jeunesse avant qu'elle ne fane comme la rose.
  • Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène, 1578« Quand vous serez bien vieille » s'achève sur « Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie ».
  • Raymond Queneau, « Si tu t'imagines », L'Instant fatal, 1948Queneau réécrit le carpe diem de Ronsard sur un ton familier et moderne.
Carte mentale ✱mètrenom masculin
Synonymes

mesurenombre de syllabescadence

Dérivés

métriquen. f.métricienn. m.hexamètren. m.pentamètren. m.trimètren. m.métronomen. m.

Champ lexical

syllabealexandrinoctosyllabedécasyllabee muetdiérèse

Étymologie
  • metron grec : mesure
  • metrum latin : mesure ; vers
  • métrique mot de la même famille
Expressions
  • compter les syllabes : pour trouver le mètre d'un vers
  • un poème hétérométrique : qui mêle des vers de longueurs différentes
  • le mètre fait sens : la longueur du vers imite ce qui est dit
Références culturelles
  • Jean de La Fontaine, Fables (vers mêlés), 1668La Fontaine mêle librement des mètres différents pour épouser le rythme du récit.
  • Victor Hugo, « Les Djinns », Les Orientales, 1829Les strophes grandissent puis décroissent de deux à dix syllabes, mimant l'approche puis l'éloignement des djinns.
  • Paul Verlaine, « Art poétique » (« préfère l'Impair »), 1882Verlaine conseille les mètres impairs (5, 7, 9 syllabes), plus légers et plus musicaux.
Carte mentale ✱femme fatalenom féminin (groupe nominal)
Synonymes

séductriceensorceleuseenchanteressesirènevamp

Antonymes

ingénueoie blanche

Dérivés

fémininadj.féminitén. f.femmeletten. f.fatalitén. f.fatalementadv.fatalismen. m.

Champ lexical

poisonséductionregarddestinsirèneperte

Étymologie
  • femina latin : femme
  • fatalis latin : fixé par le destin, funeste (de fatum, destin)
Expressions
  • une beauté fatale : qui mène à la perte
  • l'amour empoisonné : dans « Les Colchiques », l'aimée est comparée à une fleur vénéneuse
Références culturelles
  • Prosper Mérimée, Carmen, 1845Carmen séduit don José et cause sa perte.
  • Charles Baudelaire, « Le Vampire », Les Fleurs du mal, 1857La femme aimée y est comparée à un vampire qui détruit le poète.
  • Guillaume Apollinaire, « Les Colchiques » et « La Loreley », Alcools, 1913La femme aimée y empoisonne lentement (les colchiques) ou attire à la mort (la Loreley).
Carte mentale ✱évasionnom féminin
Synonymes

fuiteéchappéevoyagedépaysement

Antonymes

enfermementcaptivitéroutine

Dérivés

s'évaderv.évadén. m.évasifadj.évasivementadv.invasionn. f.

Champ lexical

ailleursvoyagerêvehorizonnavireexotisme

Étymologie
  • ex latin : hors de
  • evadere latin : sortir de, s'échapper (de vadere, aller)
  • s'évader verbe de la même famille
Expressions
  • un livre d'évasion : qui fait rêver d'ailleurs
  • un besoin d'évasion : envie de partir, de changer d'air
  • « Anywhere out of the world » : titre d'un poème en prose de Baudelaire : n'importe où hors du monde
Références culturelles
  • Charles Baudelaire, « L'Invitation au voyage », Les Fleurs du mal, 1857Le poète rêve d'un pays idéal où « tout n'est qu'ordre et beauté, / Luxe, calme et volupté ».
  • Stéphane Mallarmé, « Brise marine », 1866« Fuir ! là-bas fuir ! » : Mallarmé rêve de partir loin de l'ennui et des livres.
  • Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869Des poèmes comme « Anywhere out of the world » disent le désir de fuir ailleurs.
  • Arthur Rimbaud, « Le Bateau ivre », écrit en 1871, publié en 1883Le bateau libéré de ses haleurs dérive à travers des mers fabuleuses et imaginaires.

AaLes mots de la séquence

Termes techniques à connaître pour l'EAF

✱
Carpe diem
« Cueille le jour » (Horace) : invitation à profiter du présent avant que le temps ne détruise la beauté.
Topos (pluriel : topoï)
Thème ou motif traditionnel, repris d'œuvre en œuvre.
Réécriture
Reprise, transformation ou parodie d'un texte antérieur.
Énonciation
Situation dans laquelle un énoncé est produit : qui parle, à qui, quand, où.
Apostrophe
Adresse directe à une personne ou à une chose (« Ô toi ma grande étoile noire »).
Lyrisme élégiaque
Expression plaintive de la douleur, du deuil ou de l'amour perdu.
Sonnet
Forme fixe de quatorze vers : deux quatrains et deux tercets.
Stances
Poème lyrique en strophes régulières de même structure.
Distique / tercet / quatrain / quintil / octain
Strophe de deux / trois / quatre / cinq / huit vers.
Alexandrin
Vers de douze syllabes, divisé en deux hémistiches par la césure.
Octosyllabe
Vers de huit syllabes.
Vers pair / impair
Vers au nombre de syllabes pair (8, 10, 12) ou impair (5, 7, 9).
Césure / coupe
Pause principale au milieu du vers / pause secondaire.
Scansion
Découpage d'un vers en syllabes, avec ses pauses.
Rimes plates, croisées, embrassées
Dispositions AABB, ABAB, ABBA.
Vers libre
Vers affranchi des règles du mètre et de la rime.
Refrain
Vers ou groupe de vers qui revient à intervalles réguliers.
Anaphore
Reprise d'un même mot en tête de vers ou de phrases successifs.
Litanie
Suite de répétitions qui rappelle la prière.
Comparaison / métaphore
Rapprochement de deux réalités avec / sans outil de comparaison.
Chute
Dernier vers d'un poème, qui doit frapper le lecteur.
Diptyque
Œuvre en deux volets qui se répondent.

✱Sources : dossier « Poésie – Dire l'amour » (séquence 3, Première ES / S, 2012-2013, revu en 2015) : corpus d'introduction carpe diem, textes 1 à 4, corpus d'application, bac blanc et barème, corrigé du commentaire d'Éluard, biographie de Nusch.

10IAPour aller plus loin

Activités avec l'IA ✱

Ces activités sont différentes des exercices du cours : elles se font avec un assistant d'intelligence artificielle, en classe ou à la maison. Elles ont été rédigées pour le site avec l'aide d'une IA (signe ✱).

Trois règles avant de commencer
  • L'IA ne fait pas le travail à ta place : tu écris d'abord, elle t'aide à vérifier ou à aller plus loin.
  • Ne donne jamais ton nom, ton établissement ni rien de personnel.
  • L'IA se trompe souvent : elle invente des citations, des dates, des faits. Vérifie toujours dans ton manuel.
1

Débattre avec un carpe diem

En classe25 min

Objectif. Comprendre l'argumentation du carpe diem chez Ronsard en réfutant une lecture trop simple.

  1. Relis « Quand vous serez bien vieille… » de Ronsard (Sonnets pour Hélène).
  2. Le professeur projette la réponse de l'IA au prompt.
  3. En groupe, cherchez dans le sonnet deux indices qui montrent que le poème parle aussi de la gloire du poète.
  4. Rédigez une réponse de trois phrases qui contredit l'IA, citations à l'appui.
À écrire à l'IA

Défends cette thèse en cinq lignes, sans nuance : « Le sonnet de Ronsard "Quand vous serez bien vieille…" est seulement une déclaration d'amour à Hélène. » Ensuite, attends que je te réponde avec des arguments tirés du texte et dis-moi si tu changes d'avis.

Garde ton esprit critique. Vérifie que l'IA ne cède pas trop vite ou n'invente pas d'arguments. Un bon contre-argument cite le texte : le nom du poète, la menace de l'oubli, l'ironie de l'injonction finale.

2

Le carpe diem au fil des siècles

À la maison30 min

Objectif. Comparer Ronsard, Colletet et Corneille et vérifier les informations données par l'IA.

  1. Relis les trois poèmes de l'ouverture : Ronsard, Colletet (« Claudine, avec le temps… »), Corneille (« Stances à Marquise »).
  2. Écris d'abord ton propre tableau : qui parle, à qui, quel argument, quel ton.
  3. Demande ensuite à l'IA le même tableau.
  4. Entoure les différences et vérifie dans le manuel qui a raison.
À écrire à l'IA

Compare en un tableau trois poèmes du carpe diem : Ronsard, « Quand vous serez bien vieille… » (1578), Colletet, « Claudine, avec le temps… » (1656), Corneille, « Stances à Marquise » (1658). Colonnes : qui parle, à qui, argument principal, ton. Si tu n'es pas sûr d'une information, écris « à vérifier ».

Garde ton esprit critique. Le poème de Colletet est peu connu : l'IA risque d'en inventer le contenu. Compare chaque case avec le texte du manuel.

3

Corriger ma scansion des « Colchiques »

En classe ou à la maison20 min

Objectif. Comprendre pourquoi « Les Colchiques » d'Apollinaire est un sonnet défait.

  1. Relis « Les Colchiques » (Alcools, 1913) et compte les vers, puis les syllabes des vers 1 à 3.
  2. Écris ton hypothèse sur la forme du poème.
  3. Soumets ton hypothèse à l'IA avec le prompt.
  4. Compare avec l'encadré « un sonnet défait » du manuel et note ce que l'IA a manqué ou bien vu.
À écrire à l'IA

Voici mon hypothèse sur la forme des « Colchiques » d'Apollinaire (Alcools, 1913) : [écris ton hypothèse]. Dis-moi si mon raisonnement sur le nombre de vers et de syllabes tient, en me posant des questions plutôt qu'en donnant la réponse.

Garde ton esprit critique. Vérifie que l'IA ne te donne pas directement la solution et qu'elle compte bien les vers 2 et 3. Le manuel montre qu'ils forment un alexandrin coupé en deux.

4

Questions de jury sur l'amour et le temps

À la maison25 min

Objectif. Réviser la séquence de Ronsard à Éluard en préparant la question de corpus et l'oral.

  1. Relis la question du bac blanc : « Comment s'exprime la douleur du poète dans ce corpus ? »
  2. Demande à l'IA dix questions de révision avec le prompt.
  3. Réponds seul par écrit, sans regarder le manuel.
  4. Corrige-toi ensuite avec le manuel, puis note les questions de l'IA qui étaient fausses ou hors sujet.
À écrire à l'IA

Je révise une séquence de Première intitulée « Dire l'amour, de Ronsard à Éluard » : Ronsard, Colletet, Corneille, Hugo (« Les Djinns »), Baudelaire (« Le Vampire », « L'Invitation au voyage »), Verlaine, Apollinaire (« Les Colchiques »), Éluard (« Nusch tu me manques… »). Pose-moi dix questions courtes sur les formes poétiques et les façons de dire l'amour. Ne donne pas les réponses.

Garde ton esprit critique. Certaines questions peuvent supposer des faits faux (dates, recueils). Vérifie chaque question avant d'y répondre et barre celles qui sont fausses.

✎Pour l'enseignant

Fiches d'activité d'une heure

3 fiches avec corrigé, prêtes à photocopier

  • 05
    Carpe diem, comment convaincre celle que l'on aimeComparer trois poèmes du corpus d'introduction pour dégager le discours du carpe diem et ses stratégies (menace du temps, prosopopée, antithèses, ironie), puis…
  • 06
    Le Vampire et Les Colchiques, scander un corpusTraiter quatre des six questions du corpus d'application du cours : justifier le rapprochement de trois poèmes d'amour malheureux, scander des strophes en…
  • 07
    Nusch tu me manques, commenter un diptyquePréparer le commentaire du bac blanc sur le poème d'Éluard : situer le poème, opposer ses deux volets (forme, temps, pronoms, images), construire une…

Les fiches et leurs corrigés s'ouvrent en mode enseignant.