Poète et critique français du XVIIe siècle, Boileau a défendu les règles du classicisme. Dans L'Art poétique (1674), étudié sur le site, il explique en vers comment bien écrire et fixe les règles du théâtre, comme la règle des trois unités. Il a aussi écrit des Satires, où il se moque des mauvais auteurs et des défauts de son temps.
Romancier français du XIXe siècle, Balzac a réuni presque tous ses romans sous un grand titre, La Comédie humaine, dans lequel il veut peindre toute la société de son temps. Plusieurs personnages y reviennent d'un livre à l'autre. Dans Le Père Goriot (1835), étudié sur le site, le jeune Rastignac découvre Paris et l'ambition.
Écrivain français du XIXe siècle, Émile Zola est le chef du naturalisme. Dans les vingt romans des Rougon-Macquart, il raconte l'histoire d'une famille sous le Second Empire, comme L'Assommoir (1877) et Germinal (1885), étudiés sur le site. En 1898, il a pris la défense du capitaine Dreyfus dans un article célèbre, « J'accuse… ! ».
Écrivain français du XIXe siècle, élève et ami de Flaubert, Maupassant est l'un des maîtres de la nouvelle réaliste. Il en a écrit environ trois cents, qui peignent les paysans normands, les petits employés ou la guerre de 1870, comme Boule de suif (1880) et La Parure, étudiées sur le site. Il a aussi écrit des récits fantastiques, comme Le Horla, et le roman Bel-Ami (1885).
Réalisme et naturalisme : Bel-Ami, Pierre et Jean, Zola
Cette séquence de Seconde fait découvrir un mouvement littéraire, le naturalisme, à travers une œuvre intégrale : Bel-Ami de Guy de Maupassant (1885), le roman de l'ascension d'un « joli garçon » dans le Paris de la presse. Elle commence par une réflexion sur la notion de mouvement littéraire et sur l'identification d'un texte (un portrait de Balzac), puis propose trois lectures analytiques du roman : l'incipit, la mort de Forestier, la description de Rouen. Un groupement élargit la lecture : l'incipit de La Bête humaine de Zola rapproché de La Gare Saint-Lazare de Monet, puis la préface de Pierre et Jean lue avec d'autres manifestes. La séquence forme aussi au commentaire composé : rédaction commune, évaluation de mi-séquence, puis commentaire du dénouement, avec sa correction.
Fiche enseignant
Intitulé
Le naturalisme : Maupassant, Bel-Ami
Objet d'étude
Un mouvement littéraire et culturel (programme de Seconde de 2000) ; repris ensuite dans l'objet « Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme » (programme de 2011)
Perspective complémentaire
Méthodologie du commentaire composé
Œuvre intégrale
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885)
Groupement
Balzac, Le Père Goriot ; Zola, La Bête humaine ; Maupassant, préface de Pierre et Jean ; manifestes de Boileau, Hugo, Zola et Moréas
Classes et années
Seconde, octobre à décembre 2003 ; reprises en 2004-2005 (2nde 7, sortie au musée d'Orsay) et 2005-2006 ; prolongements en 2007 (2nde 16) et en 2013-2015 (Thérèse Raquin)
Fil rouge
Comment le roman prétend-il donner « une image exacte de la vie » ?
Le parcours
N°
Séance
Support
Notions et méthode
1
Qu'est-ce qu'un mouvement littéraire ?
Devoirs d'introduction ; cours
Mouvement, école, courant, manifeste, contexte
2
Qu'est-ce qu'un texte littéraire ?
Balzac, Le Père Goriot
Fiche d'identification, présentation du texte
3
Lecture analytique 1 : l'incipit
Bel-Ami, I, chapitre I
Portrait, cadre spatio-temporel ; commentaire rédigé en commun
4
Lecture analytique 2 : la mort de Forestier
Bel-Ami, I, chapitre VIII
Description naturaliste, discours direct
5
Lecture analytique 3 : Rouen
Bel-Ami, II, chapitre I ; Monet, La Cathédrale de Rouen
Zola, La Bête humaine ; Monet, La Gare Saint-Lazare
Texte et image
7
Le manifeste
Préface de Pierre et Jean ; Hugo, Moréas, Boileau, Zola
Texte théorique ; dissertation facultative
8
Évaluation de mi-séquence
Frise ; Bel-Ami, la veille du duel ; un manifeste
Situer, présenter un texte
9
Évaluation de fin de séquence
Bel-Ami, le dénouement
Commentaire composé (2 heures) et correction
Les textes étudiés
Texte
Extrait
Ce qui s'y joue
Texte 1
Bel-Ami, l'incipit
Georges Duroy, sans le sou, sort d'une gargote et toise Paris.
Texte 2
Bel-Ami, la mort de Forestier
Devant le cadavre de son ami, Duroy fait sa cour à la veuve.
Texte 3
Bel-Ami, la vue sur Rouen
Clochers et cheminées d'usines : la ville ancienne et la ville industrielle.
Texte 4
Zola, La Bête humaine, l'incipit
La gare Saint-Lazare vue d'une fenêtre, comme un tableau de Monet.
Texte 5
Maupassant, préface de Pierre et Jean
Le romancier doit donner « une image exacte de la vie ».
Texte 6
Bel-Ami, le dénouement
Le mariage de Duroy à la Madeleine, sacre satirique d'un arriviste.
2Séances 1 et 2 · Ouverture et méthode
Mouvements et textes littéraires
Situer une œuvre dans l'histoire littéraire ; identifier un texte (Balzac, Le Père Goriot)
Cours : qu'est-ce qu'un mouvement littéraire ?
Le programme de la classe de Seconde propose d'étudier les mouvements littéraires des XIXe et XXe siècles, dont l'émergence est liée aux bouleversements historiques et économiques. La chute de l'Ancien Régime transforme profondément le statut de l'écrivain et de la littérature.
Du courant à l'école
Le terme de mouvement littéraire désigne un ensemble d'œuvres et d'auteurs qui revendiquent des points communs. Ces caractéristiques partagées sont énoncées dans des textes théoriques : préface, article ou manifeste. On parle d'école lorsque le mouvement a des chefs de file et une doctrine ; on parle de courant lorsqu'il n'est pas structuré en école, mais qu'on peut dégager des lignes esthétiques et idéologiques communes à plusieurs auteurs. La Pléiade, le romantisme, le réalisme, le naturalisme, le symbolisme, le surréalisme sont des courants ou des écoles ; d'autres, comme l'humanisme ou le classicisme, ont été reconstruits après coup par l'histoire littéraire.
La clé des textes
Les mouvements se succèdent et constituent autant d'étapes dans la formation de notre héritage culturel. Connaître l'histoire littéraire permet de mieux comprendre les enjeux d'un texte en le replaçant dans son contexte, et de construire une vision d'ensemble qui donne sens et cohérence aux textes étudiés dans l'année.
Vie et mort des mouvements et des genres
Un mouvement est lié à un ou plusieurs genres. Le romantisme touche tous les genres : poésie, théâtre et roman. D'autres en privilégient un : la Pléiade est associée à la poésie, le classicisme au théâtre, les Lumières à l'essai et le naturalisme au roman. La disparition d'un mouvement peut entraîner celle d'un genre : la grande tragédie de Corneille et de Racine n'existe plus de nos jours.
Délimiter un mouvement, situer un auteur
Un mouvement ne commence ni ne s'achève à une date fixe : il émerge et disparaît sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, et les mouvements se chevauchent. Le réalisme commence avec Balzac dans les années 1830, alors que le romantisme s'éteint à la fin des années 1850. Un auteur peut aussi relever de plusieurs mouvements : les romans de Stendhal et de Hugo ont des traits romantiques, mais peuvent être rattachés au réalisme ; Les Fleurs du mal de Baudelaire se situent à la croisée du romantisme finissant et du Parnasse, et annoncent le symbolisme.
Séance 2 · Identifier un texte littéraire
Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835 · méthodologie du commentaire
Texte · Madame Vauquer et sa pensionHonoré de Balzac1799 – 1850
Cette pièce est dans tout son lustre au moment où, vers sept heures du matin, le chat de madame Vauquer précède sa maîtresse, saute sur les buffets, y flaire le lait que contiennent plusieurs jattes couvertes d'assiettes, et fait entendre son rourou matinal. Bientôt la veuve se montre, attifée de son bonnet de tulle sous lequel pend un tour de faux cheveux mal mis ; elle marche en traînassant ses pantoufles grimacées. Sa face vieillotte, grassouillette, du milieu de laquelle sort un nez à bec de perroquet ; ses petites mains potelées, sa personne dodue comme un rat d'église, son corsage trop plein et qui flotte, sont en harmonie avec cette salle où suinte le malheur, où s'est blottie la spéculation et dont madame Vauquer respire l'air chaudement fétide sans en être écœurée.
Sa figure fraîche comme une première gelée d'automne, ses yeux ridés, dont l'expression passe du sourire prescrit aux danseuses à l'amer renfrognement de l'escompteur, enfin toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. Le bagne ne va pas sans l'argousin, vous n'imagineriez pas l'un sans l'autre. L'embonpoint blafard de cette petite femme est le produit de cette vie, comme le typhus est la conséquence des exhalaisons d'un hôpital. Son jupon de laine tricotée, qui dépasse sa première jupe faite avec une vieille robe, et dont la ouate s'échappe par les fentes de l'étoffe lézardée, résume le salon, la salle à manger, le jardinet, annonce la cuisine et fait pressentir les pensionnaires. Quand elle est là, ce spectacle est complet.
Honoré de Balzac, Le Père Goriot (1835), début du roman · Lire l'œuvre
Madame Vauquer, gravure anonyme pour une édition illustrée du Père Goriot de Balzac ✱Madame Vauquer, la propriétaire de la pension, avec son chat : « toute sa personne explique la pension ».Domaine public · Wikimedia Commons
Travail préparatoire : la fiche d'identification
Avant de rédiger, on dégage les caractéristiques majeures du texte : le contexte (l'auteur, la date de publication) ; le sens littéral, qui permet de le classer dans une catégorie (portrait, scène d'aveu, incipit ou dénouement de roman…) ; le genre et le mouvement ; le type de texte dominant (narratif, descriptif, argumentatif, explicatif) ; le registre (comique, satirique, tragique, pathétique, lyrique, épique, polémique…) ; la visée (susciter l'imaginaire, émouvoir, faire réfléchir, transmettre un point de vue).
Rubrique
Le texte de Balzac
Contexte
Balzac, Le Père Goriot, 1835
Sens littéral
Double description en miroir de Mme Vauquer et de sa pension, sur le mode satirique ; son arrivée est qualifiée de « spectacle complet ».
Catégorie littéraire
Portrait
Genre
Roman
Mouvement
Réalisme
Type de texte
Descriptif
Registre
Satirique, critique
Visée
Susciter l'imaginaire et transmettre un point de vue
Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
Comme il portait beau par nature et par pose d'ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s'étendent comme des coups d'épervier.
Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d'un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d'une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.
Lorsqu'il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu'il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. […]
[Duroy calcule ce que lui laissera son argent, puis descend la rue Notre-Dame-de-Lorette.]
Il marchait ainsi qu'au temps où il portait l'uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s'il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. […] Il avait l'air de toujours défier quelqu'un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.
Quoique habillé d'un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. […] il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885), première partie, chapitre I, incipit · Lire l'œuvre
Ferdinand Bac (dessin) et Georges Lemoine (gravure), Duroy sort du restaurant, illustration pour Bel-Ami, Paris, Ollendorff, 1901 ✱Georges Duroy, canne à la main, quitte le restaurant après avoir payé à la caissière.Domaine public · Wikimedia Commons
Texte 2 · Une demande en mariage devant un cadavre
Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885, première partie, chapitre VIII
✱Charles Forestier, l'ancien camarade de régiment qui a fait entrer Duroy au journal La Vie française, meurt de la poitrine à Cannes. Duroy veille le corps avec la jeune veuve, Madeleine. [Repères à vérifier sur l'édition de la classe.]
Il avait pris la main offerte et il la gardait, la serrant, avec une envie ardente de la baiser. Il s'y décida enfin, et l'approchant lentement de sa bouche, il tint longtemps la peau fine, un peu chaude, fiévreuse et parfumée contre ses lèvres. […]
Il ne savait comment lui laisser comprendre qu'il serait heureux, bien heureux, de l'avoir pour femme à son tour. […]
Mais le cadavre le gênait, le cadavre rigide, étendu devant eux, et qu'il sentait entre eux. Depuis quelque temps d'ailleurs il croyait saisir dans l'air enfermé de la pièce une odeur suspecte, une haleine pourrie, venue de cette poitrine décomposée, le premier souffle de charogne que les pauvres morts couchés en leur lit jettent aux parents qui les veillent, souffle horrible dont ils emplissent bientôt la boîte creuse de leur cercueil.
[Duroy ouvre la fenêtre sur la nuit et la mer ; il se sent « comme soulevé par l'approche frémissante du bonheur » et invite Madeleine à le rejoindre.]
Alors il murmura, à voix basse :
« Écoutez-moi, et comprenez bien ce que je veux vous dire. Ne vous indignez pas, surtout, de ce que je vous parle d'une pareille chose en un semblable moment, mais je vous quitterai après-demain, et quand vous reviendrez à Paris il sera peut-être trop tard. Voilà… Je ne suis qu'un pauvre diable sans fortune et dont la position est à faire, vous le savez. Mais j'ai de la volonté, quelque intelligence à ce que je crois, et je suis en route, en bonne route. […] Je tiens seulement à ne point vous laisser ignorer que vous pouvez me rendre heureux d'un mot, que vous pouvez faire de moi soit un ami fraternel, soit même un mari, à votre gré, que mon cœur et ma personne sont à vous. […] »
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885), première partie, chapitre VIII · Lire l'œuvre
Maupassant, Bel-Ami (Rouen) ; Zola, La Bête humaine ; Monet
✱Jeunes mariés, Georges et Madeleine se rendent en Normandie chez les parents de Duroy, de modestes cabaretiers de Canteleu, sur la colline qui domine Rouen. [Repères à vérifier.]
Madeleine, fatiguée, s'était assoupie sous la caresse pénétrante du soleil qui la chauffait délicieusement au fond de la vieille voiture, comme si elle eût été couchée dans un bain tiède de lumière et d'air champêtre. […]
On dominait l'immense vallée, longue et large, que le fleuve clair parcourait d'un bout à l'autre, avec de grandes ondulations. […] Puis la ville apparaissait sur la rive droite, un peu noyée dans la brume matinale, avec des éclats de soleil sur ses toits, et ses mille clochers légers, pointus ou trapus, frêles et travaillés comme des bijoux géants, ses tours carrées ou rondes coiffées de couronnes héraldiques, ses beffrois, ses clochetons, tout le peuple gothique des sommets d'églises que dominait la flèche aiguë de la cathédrale, surprenante aiguille de bronze, laide, étrange et démesurée, la plus haute qui soit au monde.
Mais en face, de l'autre côté du fleuve, s'élevaient, rondes et renflées à leur faîte, les minces cheminées d'usines du vaste faubourg de Saint-Sever.
Plus nombreuses que leurs frères les clochers, elles dressaient jusque dans la campagne lointaine leurs longues colonnes de briques et soufflaient dans le ciel bleu leur haleine noire de charbon.
Et la plus élevée de toutes, aussi haute que la pyramide de Chéops, le second des sommets dus au travail humain, presque l'égale de sa fière commère la flèche de la cathédrale, la grande pompe à feu de la Foudre semblait la reine du peuple travailleur et fumant des usines, comme sa voisine était la reine de la foule pointue des monuments sacrés.
[La Seine poursuit sa route ; des navires et des îles s'alignent sur le fleuve.]
Le cocher du fiacre attendait que les voyageurs eussent fini de s'extasier. Il connaissait par expérience la durée de l'admiration de toutes les races de promeneurs.
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885), deuxième partie, chapitre I · Lire l'œuvre
Johann-Heinrich Luttringshausen (dessin) et G. Reeve (gravure), Rouen, vue prise de la hauteur de Canteleu, Paris, Osterwald, 1823 ✱Depuis la colline de Canteleu, Duroy montre à Madeleine Rouen et la Seine : « Regarde ».Domaine public · Wikimedia Commons
Histoire des arts : Monet et la cathédrale de Rouen
La description est rapprochée de deux toiles de la série que Claude Monet consacre à la cathédrale de Rouen, conservées au musée d'Orsay : La Cathédrale de Rouen, le portail et la tour Saint-Romain, plein soleil, harmonie bleue et or (peinte en 1893, datée de 1894, 107 × 73 cm) et La Cathédrale de Rouen, le portail, temps gris (peinte en 1892, datée de 1894, 100 × 65 cm). Le peintre reprend le même motif à différentes heures pour saisir les variations de la lumière.
Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, le portail et la tour Saint-Romain, plein soleil, harmonie bleue et or, 1893 (datée 1894), huile sur toile, 107 × 73 cm, Paris, musée d’Orsay
Image : Claude Monet, Paris, musée d’Orsay, via Wikimedia Commons · Domaine public voir le fichier
Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, le portail, temps gris, 1892 (datée 1894), huile sur toile, 100 × 65 cm, Paris, musée d’Orsay
Image : Claude Monet, Paris, musée d’Orsay, via Wikimedia Commons · Domaine public voir le fichier
Émile Zola, La Bête humaine, 1890, incipit · Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, 1877
Pour élargir la lecture de Bel-Ami, la séquence fait lire l'ouverture d'un roman d'Émile Zola, chef de file du naturalisme, et la rapproche d'une toile de Claude Monet projetée en classe : La Gare Saint-Lazare (1877, musée d'Orsay). Le roman et le tableau regardent le même lieu, la grande gare de l'Ouest et ses voies, depuis le quartier de l'Europe.
Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, 1877, huile sur toile, Paris, musée d’Orsay
Image : Claude Monet, Paris, musée d’Orsay, via Wikimedia Commons · Domaine public voir le fichierTexte 4 · « Un grand signal rouge tachait le jour pâle »Émile Zola1840 – 1902
En entrant dans la chambre, Roubaud posa sur la table le pain d'une livre, le pâté et la bouteille de vin blanc. […] Et le sous-chef de gare, ayant ouvert une fenêtre, s'y accouda.
C'était impasse d'Amsterdam, dans la dernière maison de droite, une haute maison où la Compagnie de l'Ouest logeait certains de ses employés. La fenêtre, au cinquième, à l'angle du toit mansardé qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchée large trouant le quartier de l'Europe, tout un déroulement brusque de l'horizon, que semblait agrandir encore, cet après-midi-là, un ciel gris du milieu de février, d'un gris humide et tiède, traversé de soleil.
En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s'effaçaient, légères. À gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches géants, aux vitrages enfumés […] ; tandis que le pont de l'Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée, que l'on voyait reparaître et filer au-delà, jusqu'au tunnel des Batignolles. Et, en bas de la fenêtre même, occupant tout le vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s'écartaient en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. […] Dans l'effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle.
[Roubaud, sous-chef de gare au Havre, suit des yeux une machine de manœuvre qui défait un train.]
Émile Zola, La Bête humaine (1890), chapitre I · Lire l'œuvre
Maupassant, préface de Pierre et Jean ; Hugo, Moréas, Boileau, Zola · évaluation de mi-séquence
Un mouvement littéraire s'affirme dans des textes théoriques : préfaces, articles, manifestes. Dans la préface de Pierre et Jean, intitulée « Le Roman », Maupassant oppose le romancier d'hier, qui « machine » une aventure, au romancier d'aujourd'hui, qui veut donner « une image exacte de la vie ».
Texte 5 · « Une image exacte de la vie »Guy de Maupassant1850 – 1893
[Le romancier qui cherche à plaire au lecteur arrange les événements « vers le point culminant et l'effet de la fin ».]
Le romancier, au contraire, qui prétend nous donner une image exacte de la vie, doit éviter avec soin tout enchaînement d'événements qui paraîtrait exceptionnel. Son but n'est point de nous raconter une histoire, de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements. À force d'avoir vu et médité il regarde l'univers, les choses, les faits et les hommes d'une certaine façon qui lui est propre et qui résulte de l'ensemble de ses observations réfléchies. C'est cette vision personnelle du monde qu'il cherche à nous communiquer en la reproduisant dans un livre. […]
Au lieu de machiner une aventure et de la dérouler de façon à la rendre intéressante jusqu'au dénouement, il prendra son ou ses personnages à une certaine période de leur existence et les conduira, par des transitions naturelles, jusqu'à la période suivante. Il montrera de cette façon, tantôt comment les esprits se modifient sous l'influence des circonstances environnantes, tantôt comment se développent les sentiments et les passions, comment on s'aime, comme on se hait, comment on se combat dans tous les milieux sociaux, comment luttent les intérêts bourgeois, les intérêts d'argent, les intérêts de famille, les intérêts politiques.
[L'habileté du romancier consiste à grouper adroitement les « petits faits constants » qui donnent son sens à l'œuvre.]
En somme, si le Romancier d'hier choisissait et racontait les crises de la vie, les états aigus de l'âme et du cœur, le Romancier d'aujourd'hui écrit l'histoire du cœur, de l'âme et de l'intelligence à l'état normal.
Guy de Maupassant, « Le Roman », préface de Pierre et Jean (1888) · Lire l'œuvre
Trois manifestes, trois mouvements
Disons-le donc hardiment. Le temps en est venu, et il serait étrange qu'à cette époque, la liberté, comme la lumière, pénétrât partout, excepté dans ce qu'il y a de plus nativement libre au monde, les choses de la pensée. Mettons le marteau dans les théories, les poétiques et les systèmes. Jetons bas ce vieux plâtrage qui masque la façade de l'art ! Il n'y a ni règles, ni modèles […].
Texte A · Victor Hugo, préface de Cromwell (1827)
Une nouvelle manifestation d'art était donc attendue, nécessaire, inévitable. Cette manifestation, couvée depuis longtemps, vient d'éclore. […] Nous avons déjà proposé la dénomination de symbolisme comme la seule capable de désigner raisonnablement la tendance actuelle de l'esprit créateur en art. Cette dénomination peut être maintenue.
Texte B · Jean Moréas, « Le Symbolisme », Le Figaro, 18 septembre 1886
Texte C · L'Art poétique, chant I (extrait)Nicolas Boileau1636 – 1711
Avant donc que d'écrire apprenez à penser.Selon que notre idée est plus ou moins obscure,L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,5Et les mots pour le dire arrivent aisément.Surtout qu'en vos écrits la langue révéréeDans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
Nicolas Boileau, L'Art poétique (1674) · Lire l'œuvre
Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société […]. L'hérédité a ses lois, comme la pesanteur. Je tâcherai de trouver et de suivre, en résolvant la double question des tempéraments et des milieux, le fil qui conduit mathématiquement d'un homme à un autre homme. […] Cette œuvre, qui formera plusieurs épisodes, est donc, dans ma pensée, l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire.
Texte D · Émile Zola, préface de La Fortune des Rougon, 1er juillet 1871
Évaluation de mi-séquence (1 heure)
Devoir de milieu de séquence, versions de 2003-2004 et 2004-2005
Dès qu'il fut au lit, il souffla sa lumière et ferma les yeux.
Il avait très chaud dans ses draps, bien qu'il fît très froid dans sa chambre, mais il ne pouvait parvenir à s'assoupir. Il se tournait et se retournait, demeurait cinq minutes sur le dos, puis se plaçait sur le côté gauche, puis se roulait sur le côté droit.
Il avait encore soif. Il se releva pour boire, puis une inquiétude le saisit : « Est-ce que j'aurais peur ? » […]
[Duroy guette chaque bruit de sa chambre et se demande s'il peut « avoir peur malgré soi ».]
Certes il irait sur le terrain puisqu'il voulait y aller. Mais s'il tremblait ? Mais s'il perdait connaissance ? Et il songea à sa situation, à sa réputation, à son avenir.
Et un singulier besoin le prit tout à coup de se relever pour se regarder dans la glace. Il ralluma sa bougie. Quand il aperçut son visage reflété dans le verre poli, il se reconnut à peine, et il lui sembla qu'il ne s'était jamais vu. Ses yeux lui parurent énormes ; et il était pâle, certes, il était pâle, très pâle.
Tout d'un coup, cette pensée entra en lui à la façon d'une balle.
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885), première partie, la veille du duel [chapitre VII, à vérifier] · Lire l'œuvre
Les variantes du devoir
Version
Question 1
Question 2 (Bel-Ami)
Question 3
2003-2004
Frise : sept mouvements (7 pts)
Situer, mot polysémique, effet de chute (5 pts)
Moréas : identifier, un axe d'étude (8 pts)
2004-2005 (a)
Frise : sept mouvements (7 pts)
Même extrait, mêmes questions (5 pts)
Moréas (8 pts)
2004-2005 (b)
Frise : six mouvements, sans le Nouveau Roman (6 pts)
Situer le passage et en faire la présentation complète (7 pts)
Préface de Pierre et Jean : présentation complète ; le texte illustre-t-il Bel-Ami ? (7 pts)
Interrogation 2005-2006
Préface de Pierre et Jean : présenter, rapprocher de Bel-Ami (7 pts)
Situer le passage, rédiger le paragraphe de présentation (7 pts)
Hugo, préface de Cromwell : l'affirmation d'un nouveau mouvement
Classe de 2nde 7, jeudi 17 mars 2005 · questionnaire de parcours et écriture d'invention
La sortie prolonge la séquence : le matin, une promenade dans le jardin des Tuileries (liée à la séquence de poésie), l'après-midi, un parcours d'une heure quinze au musée d'Orsay. Le questionnaire se fait par groupes de deux ; les exercices sont à rendre le jeudi 24 mars. Le parcours s'étend sur deux niveaux du musée, le rez-de-chaussée et le niveau supérieur : repérez-vous sur le plan et ne suivez pas l'ordre des tableaux, pour ne pas être tous en même temps devant la même toile. Si une œuvre n'est pas exposée ce jour-là, passez à la suivante.
7Évaluation · Fin de séquence (2 heures)
Commentaire du dénouement de Bel-Ami
Devoir sur table de 2003-2004 et sa correction
Texte 6 · « Le peuple de Paris le contemplait et l'enviait »Guy de Maupassant1850 – 1893
Lorsque l'office fut terminé, il se redressa, et donnant le bras à sa femme, il passa dans la sacristie. Alors commença l'interminable défilé des assistants. Georges, affolé de joie, se croyait un roi qu'un peuple venait acclamer. […]
Soudain il aperçut Mme de Marelle ; et le souvenir de tous les baisers qu'il lui avait donnés, qu'elle lui avait rendus, le souvenir de toutes leurs caresses, de ses gentillesses, du son de sa voix, du goût de ses lèvres, lui fit passer dans le sang le désir brusque de la reprendre. […]
[Mme de Marelle lui tend la main ; leurs doigts se serrent ; ils échangent un « À bientôt » complice.]
D'autres personnes se poussaient. La foule coulait devant lui comme un fleuve. Enfin elle s'éclaircit. Les derniers assistants partirent.
Georges reprit le bras de Suzanne pour retraverser l'église.
Elle était pleine de monde, car chacun avait regagné sa place, afin de les voir passer ensemble. Il allait lentement, d'un pas calme, la tête haute, les yeux fixés sur la grande baie ensoleillée de la porte. […] Il ne voyait personne. Il ne pensait qu'à lui. Lorsqu'il parvint sur le seuil, il aperçut la foule amassée, une foule noire, bruissante, venue là pour lui, pour lui Georges Du Roy. Le peuple de Paris le contemplait et l'enviait.
Puis, relevant les yeux, il découvrit là-bas, derrière la place de la Concorde, la Chambre des députés. Et il lui sembla qu'il allait faire un bond du portique de la Madeleine au portique du Palais-Bourbon.
Il descendit avec lenteur les marches du haut perron entre deux haies de spectateurs. Mais il ne les voyait point ; sa pensée maintenant revenait en arrière, et devant ses yeux éblouis par l'éclatant soleil flottait l'image de Mme de Marelle rajustant en face de la glace les petits cheveux frisés de ses tempes, toujours défaits au sortir du lit.
Guy de Maupassant, Bel-Ami (1885), deuxième partie, dernier chapitre (X) [à vérifier], dernière page · Lire l'œuvre
L'église de la Madeleine et la rue Royale, Paris, photochrome, vers 1890-1900 ✱L'église de la Madeleine, où Duroy se marie devant le « peuple de Paris » qui l'envie.Domaine public · Wikimedia CommonsVoir la correction
Correction : l'introduction
Le parcours initiatique que propose Maupassant dans Bel-Ami, chef-d'œuvre du roman naturaliste publié en 1885, aboutit au mariage en grande pompe du héros, Georges Duroy, avec la fille d'un richissime directeur de journal, M. Walter. Ayant enlevé Suzanne, la fille de son ancienne maîtresse, Mme Walter, pour contraindre les parents à accepter le mariage, Bel-Ami tient là l'ultime instrument de la gloire tant convoitée. La dernière page consacre l'avènement du personnage éponyme ; elle donne l'occasion à l'écrivain de dresser une dernière fois la satire de celui dont il n'a cessé de dénoncer implicitement le comportement social et l'attitude morale. Alors que tout, dans ce tableau final, semble converger vers l'éclatante réussite du héros devenu baron et rédacteur en chef du journal, l'écrivain déploie une satire impitoyable, dresse le bilan d'un parcours et laisse deviner un destin tout tracé. La description, inspirée des techniques picturales impressionnistes, place au centre le personnage féminin majeur du roman, Mme de Marelle, et laisse affleurer le registre nostalgique.
Problématique. En quoi cette dernière page répond-elle aux caractéristiques d'un dénouement, et quelles en sont les spécificités ? Nous verrons d'abord comment ce dénouement en apothéose sacre de manière satirique le « roi » Duroy ; puis comment il fait le bilan du parcours des personnages tout en laissant présager leurs destins ; enfin, comment cette scène de rencontre amoureuse emprunte sa composition aux techniques impressionnistes.
8Prolongements · 2nde 16 (2007) et 2013-2015
Zola et le regard des personnages
L'Assommoir, La Curée, Pierre et Jean, Germinal, Thérèse Raquin
Reprise en 2007-2008 avec une classe de 2nde 16, la séquence s'élargit à Zola et à Pierre et Jean. L'évaluation de mi-séquence porte sur un corpus de trois descriptions vues par un personnage.
Texte A. L'intrigue de L'Assommoir se déroule à la Goutte-d'Or, quartier populaire de Paris. Abandonnée par son premier mari, Lantier, Gervaise rencontre un ouvrier zingueur, Coupeau, qui lui fait découvrir l'immeuble où habitent sa sœur et son beau-frère, les Lorilleux.
Cependant, ils s'étaient engagés sous la porte ronde et avaient traversé la cour. Les Lorilleux demeuraient au sixième, escalier B. […]
En effet, l'escalier B, gris, sale, la rampe et les marches graisseuses, les murs éraflés montrant le plâtre, était encore plein d'une violente odeur de cuisine. Sur chaque palier, des couloirs s'enfonçaient, sonores de vacarme, des portes s'ouvraient, peintes en jaune, noircies à la serrure par la crasse des mains ; et, au ras de la fenêtre, le plomb soufflait une humidité fétide, dont la puanteur se mêlait à l'âcreté de l'ognon cuit. On entendait, du rez-de-chaussée au sixième, des bruits de vaisselle, des poêlons qu'on barbotait, des casseroles qu'on grattait avec des cuillers pour les récurer. […] Le second étage et le troisième, plus tranquilles, laissaient passer seulement par les fentes des boiseries la cadence d'un berceau, les pleurs étouffés d'un enfant, la grosse voix d'une femme coulant avec un sourd murmure d'eau courante, sans paroles distinctes […]. On se battait au quatrième : un piétinement dont le plancher tremblait, des meubles culbutés, un effroyable tapage de jurons et de coups ; ce qui n'empêchait pas les voisins d'en face de jouer aux cartes, la porte ouverte, pour avoir de l'air.
Émile Zola, L'Assommoir (1877), chapitre II [chapitre à vérifier] · Lire l'œuvre
Texte B. Aristide Rougon, dit Saccard, héros de La Curée, s'est installé à Paris avec la ferme intention de faire fortune. Peu après la mort de sa première femme, Angèle, il se souvient d'un dîner sur les buttes Montmartre.
Texte B · « Il pleut des pièces de vingt francs dans Paris ! »
[Ce jour-là, Saccard et Angèle dînent au sommet des buttes, devant une fenêtre ouverte sur Paris.]
Et ses regards, amoureusement, redescendaient toujours sur cette mer vivante et pullulante, d'où sortait la voix profonde des foules. On était à l'automne ; la ville, sous le grand ciel pâle, s'alanguissait, d'un gris doux et tendre, piqué çà et là de verdures sombres, qui ressemblaient à de larges feuilles de nénuphars nageant sur un lac ; le soleil se couchait dans un nuage rouge, et, tandis que les fonds s'emplissaient d'une brume légère, une poussière d'or, une rosée d'or tombait sur la rive droite de la ville, du côté de la Madeleine et des Tuileries. […] Il vint un moment où le rayon qui glissait entre deux nuages fut si resplendissant, que les maisons semblèrent flamber et se fondre comme un lingot d'or dans un creuset.
— Oh ! vois, dit Saccard, avec un rire d'enfant, il pleut des pièces de vingt francs dans Paris !
[Angèle rit à son tour ; Saccard se lève et s'accoude à la fenêtre.]
— C'est la colonne Vendôme, n'est-ce pas, qui brille là-bas ?… Ici, plus à droite, voilà la Madeleine… Un beau quartier, où il y a beaucoup à faire… Ah ! cette fois, tout va brûler ! Vois-tu ?… On dirait que le quartier bout dans l'alambic de quelque chimiste.
Émile Zola, La Curée (1872), chapitre II [chapitre à vérifier] · Lire l'œuvre
Texte C. Pierre et Jean sont frères. Un jour, Jean hérite d'une forte somme d'argent d'un ami de la famille, qui est en fait son vrai père. Pierre éprouve des sentiments divers, de la jalousie à la mélancolie. Un soir, il part se promener au bord de la mer, au Havre.
Texte C · Les yeux des portsGuy de Maupassant1850 – 1893
Sur sa droite, au-dessus de Sainte-Adresse, les deux phares électriques du cap de la Hève, semblables à deux cyclopes monstrueux et jumeaux, jetaient sur la mer leurs longs et puissants regards [à vérifier]. […] et là-bas, de l'autre côté de la Seine, on en voyait d'autres encore, beaucoup d'autres, fixes ou clignotants, à éclats et à éclipses, s'ouvrant et se fermant comme des yeux, les yeux des ports, jaunes, rouges, verts, guettant la mer obscure couverte de navires, les yeux vivants de la terre hospitalière disant, rien que par le mouvement mécanique invariable et régulier de leurs paupières : « C'est moi. Je suis Trouville, je suis Honfleur, je suis la rivière de Pont-Audemer. » […]
[La lune se lève ; une barque de pêche rentre sans bruit.]
Il pensa : « Si on pouvait vivre là-dessus, comme on serait tranquille, peut-être ! » Puis, ayant fait encore quelques pas, il aperçut un homme assis à l'extrémité du môle.
Un rêveur, un amoureux, un sage, un heureux ou un triste ? Qui était-ce ? Il s'approcha, curieux, pour voir la figure de ce solitaire ; et il reconnut son frère.
Guy de Maupassant, Pierre et Jean (1888), chapitre II · Lire l'œuvre
Prolongement · La description réaliste et Thérèse Raquin (2013-2015)
Émile Zola, Germinal (1885), Thérèse Raquin (1867) et « Un mariage d'amour » (1866)
Dans les années 2013-2015, la séquence se recentre sur Zola : un corpus sur « la description réaliste » (L'Assommoir, Germinal, Thérèse Raquin, avec des notes de vocabulaire), la lecture de Thérèse Raquin, un tri de textes, l'arbre généalogique des Rougon-Macquart et la lecture cursive d'un roman de Zola. L'escalier de L'Assommoir (texte A ci-dessus) ouvre le corpus.
Maintenant, la chandelle éclairait la chambre, carrée, à deux fenêtres, que trois lits emplissaient. Il y avait une armoire, une table, deux chaises de vieux noyer, dont le ton fumeux tachait durement les murs, peints en jaune clair. Et rien autre, des hardes pendues à des clous, une cruche posée sur le carreau, près d'une terrine rouge servant de cuvette. […]
[Six enfants dorment dans les trois lits ; les parents et le bébé occupent un quatrième lit dans le couloir.]
Cependant, Catherine fit un effort désespéré. Elle s'étirait, elle crispait ses deux mains dans ses cheveux roux, qui lui embroussaillaient le front et la nuque. Fluette pour ses quinze ans, elle ne montrait de ses membres, hors du fourreau étroit de sa chemise, que des pieds bleuis, comme tatoués de charbon, et des bras délicats, dont la blancheur de lait tranchait sur le teint blême du visage, déjà gâté par les continuels lavages au savon noir. Un dernier bâillement ouvrit sa bouche un peu grande, aux dents superbes dans la pâleur chlorotique des gencives ; pendant que ses yeux gris pleuraient de sommeil combattu, avec une expression douloureuse et brisée, qui semblait enfler de fatigue sa nudité entière.
Émile Zola, Germinal (1885), première partie, chapitre II [à vérifier] · Lire l'œuvre
Jules Férat, Le coron, illustration pour Germinal d'Émile Zola, 1886 ✱Le coron, village de maisons ouvrières identiques où vit la famille Maheu.Domaine public · Wikimedia CommonsTexte E · Le passage du Pont-Neuf
Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine. Ce passage a trente pas de long et deux de large, au plus ; il est pavé de dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ; le vitrage qui le couvre, coupé à angle droit, est noir de crasse.
Par les beaux jours d'été, quand un lourd soleil brûle les rues, une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le passage. Par les vilains jours d'hiver, par les matinées de brouillard, les vitres ne jettent que de la nuit sur les dalles gluantes, de la nuit salie et ignoble.
À gauche, se creusent des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles froids de caveau. […] au-delà, derrière les étalages, les boutiques pleines de ténèbres sont autant de trous lugubres dans lesquels s'agitent des formes bizarres.
Horace Castelli, Le passage du Pont-Neuf, illustration pour Thérèse Raquin d'Émile Zola, 1883 ✱Le passage du Pont-Neuf, étroit et sombre, où se trouve la boutique de mercerie des Raquin.Domaine public · Wikimedia Commons
Une nuit de noces : du récit bref au roman
Avant Thérèse Raquin, Zola a raconté la même histoire dans une nouvelle, « Un mariage d'amour » : Suzanne et Jacques, amants, noient le mari, Michel, au cours d'une promenade en canot ; Michel mord Jacques à la joue avant de couler. Le soir de leurs noces, le souvenir du noyé s'installe entre eux : « Embrasse-moi, dit-il, en tendant la joue où se montraient des marques blanches. — Oh ! non, jamais… pas là ! » La nouvelle est donnée en classe pour un tri de textes ; voici la même scène dans le roman.
Thérèse s'était levée, toute pâle dans sa toilette de nuit ; elle se renversait à demi, le coude posé sur le marbre de la cheminée. Elle regarda le cou de Laurent. Sur la blancheur de la peau, elle venait d'apercevoir une tache rose. Le flot de sang qui montait, agrandit cette tache, qui devint d'un rouge ardent. […]
— C'est Camille qui m'a mordu, tu sais, dans la barque. Ce n'est rien, c'est guéri… Embrasse-moi, embrasse-moi.
Et le misérable tendait son cou qui le brûlait. […] Thérèse, presque couchée sur le marbre de la cheminée, fit un geste de suprême dégoût et s'écria d'une voix suppliante :
— Oh ! non, pas là… Il y a du sang.
[Laurent lui applique de force les lèvres sur la cicatrice ; Thérèse s'essuie la bouche et crache dans le foyer.]
Pendant près d'une heure, Thérèse resta affaissée, Laurent se promena de long en large, silencieusement. Tous deux s'avouaient avec terreur que leur passion était morte, qu'ils avaient tué leurs désirs en tuant Camille. Le feu se mourait doucement ; un grand brasier rose luisait sur les cendres. Peu à peu la chaleur était devenue étouffante dans la chambre ; les fleurs se fanaient, alanguissant l'air épais de leurs senteurs lourdes.
Émile Zola, Thérèse Raquin (1867), chapitre XXI · Lire l'œuvre
Mobiliser ses acquis avant l'évaluation · termes à connaître pour le commentaire
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RRéalisme
Mouvement du XIXe siècle (Balzac, Stendhal, Flaubert) qui veut représenter la réalité sociale telle qu'elle est, sans l'idéaliser.
NNaturalisme
Prolongement du réalisme autour de Zola (1870-1890) : le roman étudie, avec une méthode inspirée des sciences, l'influence de l'hérédité et du milieu.
MManifeste
Texte théorique (préface, article) par lequel un écrivain ou une école expose sa doctrine.
IIncipit / dénouement
Les premières lignes d'un roman / la fin, qui règle ou laisse ouverte l'intrigue.
NNarrateur
Celui qui raconte, à distinguer de l'auteur.
PPoint de vue (focalisation)
Interne : on voit par les yeux d'un personnage ; externe : de l'extérieur ; omniscient : le narrateur sait tout.
PPortrait / description
Pause du récit qui présente un personnage / un lieu ou un objet.
PPersonnage éponyme
Personnage qui donne son nom au titre de l'œuvre (Bel-Ami).
SSatire
Critique moqueuse d'un individu ou d'une société.
DDiscours direct / indirect
Paroles rapportées telles quelles, entre guillemets / intégrées au récit par une subordonnée.
CCommentaire composé
Explication organisée d'un texte en axes d'étude, avec une introduction et une conclusion.
Sources : dossier « Bel ami » du Drive d'Etienne Buraud (2003-2006) : textes 1, 2 et 3 de Bel-Ami (octobre 2003), TD sur Balzac et méthodologie du commentaire composé (novembre 2003), cours « Qu'est-ce qu'un mouvement littéraire ? » (2005), devoirs d'introduction, incipit de La Bête humaine et transparents de Monet, préface de Pierre et Jean, groupement sur le manifeste, dissertation facultative, commentaire de l'incipit rédigé en classe, évaluations de mi-séquence (2003-2005) et interrogation (2005), évaluation de fin de séquence et sa correction (décembre 2003-janvier 2004), questionnaire de la sortie au musée d'Orsay (2nde 7, 17 mars 2005) ; dossier « Le naturalisme, Pierre et Jean » : texte de Pierre et Jean, évaluation de mi-séquence (2nde 16, 2007), commentaire sur Balzac (2nde 16, 2007), « la description réaliste », préface de La Fortune des Rougon (2013-2015), lecture cursive d'un roman de Zola ; dossier « Roman et nouvelle » de 2nde : chapitre XXI de Thérèse Raquin, tri de textes (« Un mariage d'amour »), évaluation de fin de séquence (2nde 3). Les dates de Pierre et Jean ont été corrigées (1888 ; les documents portent 1882 et 1885). Textes du domaine public. Les compléments rédigés pour ce manuel (encadré sur Maupassant, questions des textes 2, 3 et 4, repères, « À retenir », mémento) sont signalés « Ajout pédagogique ».
10Étude d'image
Le manifeste d'un peintre réaliste : L'Atelier de Courbet
Image : Gustave Courbet, musée d'Orsay, via Wikimedia Commons · Public domain voir le fichier
Gustave Courbet, L'Atelier du peintre. Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique, 1854-1855, huile sur toile, Paris, musée d'Orsay
C'est le premier tableau du questionnaire d'Etienne Buraud pour la sortie au musée d'Orsay qui prolonge la séquence. Courbet y affiche les principes du réalisme, que Maupassant et Zola défendront à leur tour dans leurs préfaces.
Observer
« C'est le monde qui vient se faire peindre chez moi », déclare Courbet à propos de ce tableau où il se représente dans son atelier en train de peindre. Où se trouve le peintre dans la toile ?
Qu'est-il en train de peindre ?
Analyser
Compare ce qu'il est en train de peindre avec le reste de l'atelier : emploie-t-il les mêmes couleurs, la même lumière ? Pourquoi ?
Décris et compare les personnages situés respectivement à gauche et à droite du peintre.
Que fait le petit garçon au premier plan du tableau ? Qui peut-il représenter ?
✱ Le titre parle d'« allégorie réelle ». Pourquoi cette expression est-elle paradoxale ? Que nous apprend-elle sur le projet de Courbet ?
Relier au texte✱
Relis la préface de Pierre et Jean (texte 5, « Une image exacte de la vie ») : selon Maupassant, le réaliste ne copie pas tout, il choisit. Montre que Courbet, lui aussi, choisit et compose la réalité qu'il peint.
Zola annonce dans la préface de La Fortune des Rougon (texte D) qu'il va peindre toute une société à travers une famille. En quoi L'Atelier est-il, lui aussi, un tableau de la société de son temps ?
Éléments de réponse
✱
Le peintre est au centre de la toile, assis devant son chevalet, mis en valeur par la lumière : il se place lui-même au cœur du monde qu'il représente.
Il peint un paysage, un paysage de sa région natale (la Franche-Comté), et non un sujet d'histoire ou de mythologie.
Le paysage est clair et lumineux, alors que l'atelier est plongé dans une pénombre brune : la peinture fait entrer la nature et la lumière dans un lieu fermé ; c'est la réalité vue par le peintre qui compte.
À gauche, des personnages anonymes du peuple et de la société (un chasseur, un marchand, un prêtre, des pauvres) : « le monde de la vie triviale ». À droite, les amis et les soutiens du peintre (des écrivains, des amateurs d'art ; on reconnaît Baudelaire qui lit) : ceux qui vivent de l'art.
Il regarde le peintre travailler, avec admiration : il représente peut-être le regard neuf, naïf, sans préjugé, que le peintre réaliste veut retrouver, ou l'avenir, le public de demain.
Une allégorie représente une idée abstraite par une figure ; elle est d'ordinaire imaginaire. Courbet la compose avec des personnes réelles et contemporaines : il fait de son atelier un résumé de la société et de sa propre carrière.
Courbet réunit dans une seule pièce des gens qui ne s'y sont jamais trouvés ensemble, organise deux groupes autour de lui : comme le romancier selon Maupassant, il donne « l'illusion du vrai » par une composition réfléchie.
Comme Zola avec les Rougon-Macquart, Courbet représente toutes les classes sociales, des plus pauvres aux artistes et aux bourgeois, et place l'artiste au milieu de cette société.
Les mots de l'image✱
allégorie
représentation d'une idée abstraite par une figure concrète
autoportrait
portrait de l'artiste par lui-même
composition
organisation des personnages et des objets dans le tableau
pénombre
lumière faible, à demi obscure
réalisme
mouvement qui veut représenter la réalité contemporaine, y compris la plus ordinaire
Etienne Buraud a aussi fait comparer des extraits de Pierre et Jean et quatre gravures de Daumier (Les Gens de justice, La Clinique du docteur Robert Macaire, Les Mœurs conjugales) sur la satire sociale ; le questionnaire d'Orsay porte aussi sur Monet, Le Pont du chemin de fer à Argenteuil, et Toulouse-Lautrec, Danse au Moulin Rouge.
AaMémento
Lexique
Les cartes mentales et les mots à connaître de la séquence, pour apprendre et réviser.
Mode révision : les définitions sont cachées. Dis-les à voix haute, puis touche une fiche ou une branche pour vérifier.
Les cartes mentales ✱
Une carte par mot important : au centre le mot, autour ses synonymes, ses contraires, sa famille, son origine, ses expressions et les œuvres où il compte. Lis-la, cache-la, puis redessine-la de mémoire.
faire preuve de réalisme : voir les choses comme elles sont
le roman réaliste : peint la société du XIXe siècle
« un miroir qu'on promène le long d'un chemin » : définition du roman par Stendhal
Références culturelles
Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, 1850Courbet peint un enterrement de village en très grand format : ce scandale lance le réalisme en peinture.
Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835Balzac peint avec précision la société parisienne, de la pension Vauquer aux salons.
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857Flaubert décrit sans idéaliser la vie provinciale et les illusions d'Emma.
Guy de Maupassant, Boule de suif, 1880Maupassant peint avec réalisme la lâcheté de bourgeois face à une prostituée pendant la guerre.
un manifeste littéraire : un texte où un écrivain définit son art
une erreur manifeste : adjectif : une erreur évidente
le Manifeste du parti communiste : texte politique de Marx et Engels, 1848
Références culturelles
Joachim Du Bellay, Défense et illustration de la langue française, 1549Ce manifeste de la Pléiade défend le français et appelle à l'enrichir en imitant les Anciens.
Victor Hugo, Préface de Cromwell, 1827Hugo y définit le drame romantique contre les règles du théâtre classique.
Émile Zola, Le Roman expérimental, 1880Zola y applique au roman la méthode expérimentale du médecin Claude Bernard.
Jean Moréas, Le Symbolisme, 1886Publié dans Le Figaro, ce texte donne son nom et son programme au mouvement symboliste.
Guy de Maupassant, « Le Roman », préface de Pierre et Jean, 1888Maupassant y expose sa conception du roman : le réaliste de talent est un illusionniste.
le point de vue interne : on voit par les yeux d'un personnage
le point de vue externe : on voit comme une caméra
le point de vue omniscient : le narrateur sait tout
à mon point de vue : à mon avis
Références culturelles
Victor Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné, 1829Le récit adopte le point de vue interne du condamné, qui raconte ses dernières semaines.
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857Flaubert fait varier les points de vue et montre souvent le monde à travers les yeux d'Emma.
Guy de Maupassant, Le Horla, 1887Le point de vue interne enferme le lecteur dans la conscience inquiète du narrateur.
Albert Camus, L'Étranger, 1942Le récit à la première personne livre le regard étrange et détaché de Meursault.
11IAPour aller plus loin
Activités avec l'IA ✱
Ces activités sont différentes des exercices du cours : elles se font avec un assistant d'intelligence artificielle, en classe ou à la maison. Elles ont été rédigées pour le site avec l'aide d'une IA (signe ✱).
Trois règles avant de commencer
L'IA ne fait pas le travail à ta place : tu écris d'abord, elle t'aide à vérifier ou à aller plus loin.
Ne donne jamais ton nom, ton établissement ni rien de personnel.
L'IA se trompe souvent : elle invente des citations, des dates, des faits. Vérifie toujours dans ton manuel.
1
Réalisme ou naturalisme ? Classer les manifestes
En classe30 min
Objectif. Distinguer les mouvements à partir des manifestes du groupement (Boileau, Hugo, Moréas, Zola, préface de Pierre et Jean) et vérifier l'IA.
Identifie seul chaque texte du groupement : auteur, date, mouvement.
Demande à l'IA de classer les mêmes textes et de justifier.
Compare avec ton tableau et avec le cours « qu'est-ce qu'un mouvement littéraire ? ».
Réponds à la question de bilan : qu'est-ce qui distingue le naturalisme du réalisme ?
À écrire à l'IA
Associe chacun de ces textes à un mouvement littéraire et justifie en une phrase : Boileau, L'Art poétique (1674) ; Hugo, préface de Cromwell (1827) ; Moréas, « Le Symbolisme » (1886) ; Zola, préface de La Fortune des Rougon (1871) ; Maupassant, préface de Pierre et Jean (1888). Puis explique en 5 lignes la différence entre réalisme et naturalisme.
Garde ton esprit critique. Vérifie les dates et les mouvements avec le manuel. Méfie-toi d'une opposition trop simple entre réalisme et naturalisme : Maupassant, par exemple, est difficile à ranger dans une seule case.
2
Duroy face au cadavre : mon commentaire d'abord
À la maison40 min
Objectif. Préparer la lecture analytique du texte 2 de Bel-Ami (la demande en mariage devant le corps de Forestier) et comparer son analyse à celle de l'IA.
Relis le texte 2 et les questions de préparation.
Écris seul un paragraphe de commentaire sur le décalage entre les gestes de Duroy et la situation.
Colle l'extrait (domaine public) dans l'IA et demande-lui le même travail.
Compare : une idée qu'elle a et pas toi, une citation mal utilisée, une formule creuse. Améliore ton paragraphe sans recopier.
À écrire à l'IA
Voici un extrait de Bel-Ami de Maupassant (1885), chapitre VIII de la première partie (je le colle ci-dessous). Je suis en Seconde. En 10 lignes, analyse le décalage entre le comportement de Duroy et la présence du cadavre de Forestier. Cite les mots exacts du texte et nomme les procédés.
Garde ton esprit critique. Vérifie chaque citation dans l'extrait. Méfie-toi des jugements moraux plaqués (« Duroy est méchant ») sans analyse de procédé ni de point de vue.
3
Lettre à l'éditeur : illustrer Bel-Ami
À la maison40 min
Objectif. Réussir l'écriture d'invention (justifier le choix de trois tableaux pour trois extraits de Bel-Ami) et vérifier les informations sur les œuvres d'art.
Choisis seul trois extraits du roman et trois tableaux (par exemple Monet, la cathédrale de Rouen).
Rédige ta lettre à l'éditeur.
Demande à l'IA de vérifier que tes arguments relient bien chaque texte et chaque tableau, sans réécrire.
Vérifie toi-même, dans une source fiable, le titre, la date et le lieu de conservation de chaque tableau.
À écrire à l'IA
J'ai écrit en Seconde une lettre à un éditeur pour justifier le choix de trois tableaux qui illustreraient trois extraits de Bel-Ami de Maupassant (je la colle ci-dessous). Ne la réécris pas. Dis-moi si chaque argument relie précisément le texte et l'image, et signale les passages trop vagues.
Garde ton esprit critique. Les IA donnent souvent de fausses dates ou de faux musées pour les tableaux. Toute information sur une œuvre d'art doit être vérifiée sur le site d'un musée ou dans un dictionnaire.
4
Quiz : les Rougon-Macquart et Maupassant
En classe ou à la maison20 min
Objectif. Réviser les œuvres et les dates de la séquence (Balzac, Maupassant, Zola) avant l'évaluation.
Demande un quiz à l'IA.
Réponds seul.
Corrige avec la liste des Rougon-Macquart, les notices d'auteurs et le mémento.
Note chaque erreur de l'IA ; plusieurs chapitres sont déjà marqués « [à vérifier] » dans le manuel : ne les apprends pas avant vérification.
À écrire à l'IA
Crée un quiz de 10 questions pour la Seconde sur le réalisme et le naturalisme : Balzac (Le Père Goriot), Maupassant (Bel-Ami, Pierre et Jean), Zola (Les Rougon-Macquart, L'Assommoir, Germinal, La Bête humaine, Thérèse Raquin), l'incipit, le point de vue. Réponses à la fin.
Garde ton esprit critique. Vérifie toutes les dates de publication : c'est là que les quiz générés se trompent le plus. Thérèse Raquin, par exemple, ne fait pas partie des Rougon-Macquart.
✎Pour l'enseignant
Fiches d'activité d'une heure
8 fiches avec corrigé, prêtes à photocopier
01
Situer une œuvre dans l'histoire littéraireComprendre ce qu'est un mouvement littéraire et savoir situer une œuvre dans le temps, avant d'aborder le réalisme et le naturalisme. Lecture du cours en…
02
Madame Vauquer et sa pensionApprendre à identifier un texte avant de le commenter (fiche d'identification), puis explorer les deux axes d'étude proposés par Etienne Buraud en 2007 : la double…
03
Un joli garçon sans le souÉtudier comment les premières lignes du roman présentent Georges Duroy : l'emploi des temps du récit, le portrait satirique et les indices d'un destin. La…
04
Une déclaration devant un cadavreComprendre comment Maupassant associe le désir et la mort dans une même scène, repérer ce qui fait de la description une page naturaliste, et étudier la…
05
Deux villes vues d'en hautComparer deux descriptions de ville vues d'un point élevé : qui regarde, comment l'espace est organisé, comment la lumière est rendue à la manière des…
06
Les écrivains disent leur artIdentifier des textes théoriques et les situer dans l'histoire littéraire, comprendre la conception du roman que défend Maupassant et la confronter à Bel-Ami.…
07
Une nuit avant le duelS'entraîner sur la question de l'évaluation de mi-séquence d'Etienne Buraud : situer un passage, repérer un mot polysémique, commenter une chute. On étudie d'abord…
08
Le sacre de Bel-AmiPréparer le commentaire composé du devoir de fin de séquence d'Etienne Buraud : repérer la composition de la scène, étudier la satire du « roi » Duroy, comparer le…
Les fiches d'activité et leurs corrigés sont réservés aux professeurs : comment y accéder.