Français en classe
1re · Théâtre

Musset, Les Caprices de Marianne

Lire et mettre en scène : le texte et sa représentation

9 textes1 à retenir2 fiches d'activité
Créé en 2003-2004
Portrait de Alfred de MussetAlfred de Musset
Portrait de Jean RacineJean Racine
Portrait de MarivauxMarivaux
★Ouverture de la séquence

La frise des textes

Les 8 textes que tu vas étudier, dans l'ordre chronologique. Touche un auteur pour lire sa biographie, un titre pour aller au texte.

1Présentation

La séquence en un coup d'œil

Les Caprices de Marianne : du texte à la scène

Cette séquence de Première technologique fait lire en œuvre intégrale une comédie que son auteur n'écrivait pas pour la scène : Les Caprices de Marianne, publiée par Alfred de Musset en 1833 et créée seulement en 1851. Elle pose une question : comment un texte de théâtre appelle-t-il sa représentation ? On entre dans l'œuvre par ses couvertures, on compare des scènes d'exposition, puis on suit en quatre lectures la trajectoire de la pièce, de la rue napolitaine en plein carnaval jusqu'au cimetière du dénouement. Une captation de la première scène sert de point d'appui pour passer du texte au plateau. La séquence prépare aux épreuves écrites de l'EAF : questions sur un corpus, commentaire, écriture d'invention.

Fiche enseignant
Intitulé
Les Caprices de Marianne : lire et mettre en scène
Objet d'étude
Le théâtre : texte et représentation (programme de Première de 2001)
Classe
Première STT, année 2003-2004
Œuvre intégrale
Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, comédie en deux actes (1833)
Groupement
Trois scènes d'exposition : Sophocle, Racine, Marivaux
Durée
Dix séances environ, de novembre 2003 à janvier 2004
Fil rouge
Lire un texte de théâtre, c'est déjà imaginer sa mise en scène.

Le parcours

N°DominanteSupportNotions et savoir-faire
1Entrer dans l'œuvreQuatre éditions de la pièce, recto et versoHorizon d'attente, paratexte, registres
2Qu'est-ce qu'une exposition ?Sophocle, Œdipe roi ; Racine, Phèdre, I, 1 ; Marivaux, La Double Inconstance, I, 1Scène d'exposition ; répondre à une question de corpus
3Texte 1 : une ouverture en plein carnavalLes Caprices de Marianne, I, 1Exposition, personnages doubles, chiasme
4Du texte à la scèneCaptation de la scène 1Décor, costumes, accessoires, jeu muet
5Texte 2 : une joute oratoireActe II, scène 1 : Octave et MarianneIronie, métaphore filée, question rhétorique, tirade
6Texte 3 : le vin et la femmeActe II : la scène du cabaretSous-entendu, effet de miroir, morale
7Texte 4 : le dénouementActe II, dernière scène : le cimetièreTragique, pathétique, lyrisme, anaphore
8Module : le commentaireBeaumarchais, Le Barbier de Séville, acte IIConstruire un paragraphe argumenté
9Évaluation de fin de séquenceHugo, Hernani ; Racine, Bérénice ; Molière, L'AvareSujet de type bac, 3 heures
10Correction et bilanL'ensemble du parcoursEspace scénique, didascalies, quiproquo

Les textes étudiés

TextePassageCe qu'on y étudie
Texte 1Acte I, scène 1 : Ciuta, Marianne, Cœlio, Claudio, OctaveUne exposition éclatée ; le couple Cœlio-Octave
Texte 2Acte II, scène 1 : seconde entrevue d'Octave et de MarianneUne joute oratoire et un plaidoyer pour les femmes
Texte 3Acte II : Octave attablé, Marianne vient le provoquerLes liens qui se nouent sous le conflit
Texte 4Acte II, dernière scène : Octave et Marianne au cimetièreUn dénouement tragique et pathétique
2Séance 1 · Ouverture

Quatre couvertures pour une pièce

Paratexte et horizon d'attente

Avant d'ouvrir la pièce, on l'aborde par ses seuils. Le document distribué en classe réunit quatre éditions de poche des Caprices de Marianne (Larousse, Hachette, Folio, Flammarion) : on observe d'abord l'image de couverture, au recto, puis le texte de présentation, au verso. Chaque éditeur propose une lecture de la pièce avant même qu'on l'ait lue : c'est ce qu'on appelle l'horizon d'attente.

Carte mentale de l'étapeparatexteVoir dans le Lexique →
3Séance 2 · Corpus

Qu'est-ce qu'une scène d'exposition ?

Sophocle, Racine, Marivaux : trois manières d'ouvrir une pièce

Avant de lire la première scène des Caprices de Marianne, on compare trois ouvertures de pièces, une tragédie grecque, une tragédie classique et une comédie du XVIIIe siècle. L'objectif est double : construire la notion de scène d'exposition et s'entraîner à l'exercice de la question sur un corpus, première partie de l'épreuve écrite de l'EAF.

Texte A · Sophocle, Œdipe roi, prologue

La scène est à Thèbes, devant le palais d'Œdipe. Une longue didascalie installe un tableau solennel : des enfants et des jeunes gens sont prosternés sur les marches, des rameaux de suppliants à la main, conduits par le prêtre de Zeus ; la porte s'ouvre, Œdipe paraît. Le roi interroge les suppliants ; le prêtre lui répond en décrivant le fléau qui frappe la ville, la Peste, qui détruit les récoltes, les troupeaux et les enfants à naître. Il rappelle qu'Œdipe a jadis délivré Thèbes de la Sphinx et le supplie de la sauver une seconde fois. (Texte distribué en classe dans la traduction du Livre de Poche.)

Texte B · Acte I, scène 1 · « Le dessein en est pris »
Portrait de Jean Racine
Jean Racine1639 – 1699

▶ Écouter toute la pièce Phèdre (Littérature audio)

La scène est à Trézène, ville du Péloponnèse. HIPPOLYTE, THÉRAMÈNE.

Hippolyte

[Théramène rappelle qu'il a déjà cherché Thésée en vain, et demande à Hippolyte pourquoi il veut fuir des lieux si chers à son enfance.]

Hippolyte

Jean Racine, Phèdre, acte I, scène 1, v. 1-7 et 34-36 (1677)

Texte C · Acte I, scène 1 · « Vous m'ennuyez »
Portrait de Marivaux
Marivaux1688 – 1763

SILVIA, TRIVELIN et quelques femmes à la suite de Silvia. Silvia paraît sortir comme fâchée.

Trivelin
Mais, Madame, écoutez-moi.

Silvia
Vous m'ennuyez.

Trivelin
Ne faut-il pas être raisonnable ?

Silvia impatientée
Non, il ne faut pas l'être, et je ne la serai point.

Trivelin
Cependant…

Silvia avec colère
Cependant, je ne veux point avoir de raison ; et quand vous recommenceriez cinquante fois votre cependant, je n'en veux point avoir : que ferez-vous là ?

Trivelin
Vous avez soupé hier si légèrement, que vous serez malade si vous ne prenez rien ce matin.

Silvia
Et moi, je hais la santé, et je suis bien aise d'être malade. Ainsi, vous n'avez qu'à renvoyer tout ce qu'on m'apporte ; car je ne veux aujourd'hui ni déjeuner, ni dîner, ni souper ; demain la même chose ; je ne veux qu'être fâchée, vous haïr tous tant que vous êtes, jusqu'à ce que j'aie vu Arlequin, dont on m'a séparée. […]

[Trivelin rappelle à Silvia que le Prince l'aime et veut l'épouser ; elle refuse les honneurs du palais et réclame son « pauvre Arlequin ». Quand on lui promet qu'elle le reverra, elle sort.]

Pendant qu'elle sort, le Prince et Flaminia entrent d'un autre côté et la regardent sortir.

Marivaux, La Double Inconstance, acte I, scène 1 (1723), début

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4Texte 1 · Séance 3

Une ouverture en plein carnaval

Musset, Les Caprices de Marianne, acte I, scène 1

✱La pièce s'ouvre dans une rue de Naples, devant la maison du juge Claudio, en plein carnaval. En quelques pages, cinq personnages se croisent sans jamais se trouver tous ensemble : l'entremetteuse Ciuta, Marianne qui se rend à la messe, Cœlio l'amoureux, Claudio le mari jaloux et son valet Tibia, enfin Octave, en costume de carnaval, qui sort d'une nuit de fête. On lit la scène à la lumière de la séance précédente : est-ce une exposition comme les autres ?

Acte I, scène 1 · « Ma belle dame »
Portrait de Alfred de Musset
Alfred de Musset1810 – 1857

Une rue devant la maison de Claudio. MARIANNE, sortant de chez elle, un livre de messe à la main ; CIUTA, l'abordant.

Ciuta
Ma belle dame, voulez-vous que je vous dise un mot ?

Marianne
Que me voulez-vous ?

Ciuta
Un jeune homme de cette ville est éperdument amoureux de vous ; depuis un mois entier, il cherche vainement l'occasion de vous l'apprendre. Son nom est Cœlio ; il est d'une noble famille et d'une figure distinguée.

Marianne
En voilà assez. Dites à celui qui vous envoie qu'il perd son temps et sa peine, et que, s'il a l'audace de me faire entendre une seconde fois un pareil langage, j'en instruirai mon mari. (Elle sort.)

Cœlio entrant
Eh bien ! Ciuta, qu'a-t-elle dit ?

Ciuta
Plus dévote et plus orgueilleuse que jamais. Elle instruira son mari, dit-elle, si on la poursuit plus longtemps.

Cœlio
Ah ! malheureux que je suis, je n'ai plus qu'à mourir ! Ah ! la plus cruelle de toutes les femmes ! Et que me conseilles-tu, Ciuta ? quelle ressource puis-je encore trouver ?

Ciuta
Je vous conseille d'abord de sortir d'ici, car voici son mari qui la suit. (Ils sortent.)

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte I, scène 1 (1833), début

Dans un jardin bleu nocturne, un musicien joue du luth devant une maison, près d'un homme drapé de rose
Umberto Brunelleschi, « Il y pleut des guitares et des messages secrets », illustration des Caprices de Marianne, 1913 ✱Sérénades et messages secrets autour de la maison de Marianne : Cœlio fait sa cour par intermédiaires.Domaine public · Wikimedia Commons

✱[Entrent Claudio et son valet Tibia : le juge est décidé à se venger des sérénades qu'on donne sous les fenêtres de sa femme et veut faire guetter le galant par des spadassins. Cœlio revient, seul, et se lamente sur son amour sans espoir. Arrive alors Octave, déguisé, encore ivre de sa nuit de fête.]

Acte I, scène 1 · Deux amis face à face

Cœlio
Octave ! ô fou que tu es ! tu as un pied de rouge sur les joues ! D'où te vient cet accoutrement ? N'as-tu pas de honte, en plein jour ?

Octave
Ô Cœlio ! fou que tu es ! tu as un pied de blanc sur les joues ! D'où te vient ce large habit noir ? N'as-tu pas de honte, en plein carnaval ?

Cœlio
Quelle vie que la tienne ! Ou tu es gris, ou je le suis moi-même.

Octave
Ou tu es amoureux, ou je le suis moi-même.

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte I, scène 1 (1833), extrait

Des personnages masqués et costumés dansent dans la rue la nuit, l'un portant une lanterne de papier
Umberto Brunelleschi, « Quelle est cette mascarade ? », illustration des Caprices de Marianne, 1913 ✱Octave arrive du carnaval de Naples, déguisé et fardé : « D'où te vient cet accoutrement ? »Domaine public · Wikimedia Commons
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5Séance 4 · Mise en scène

Voir la première scène jouée

Étude d'une captation de l'acte I, scène 1

Après l'avoir lue, on regarde la première scène jouée par des comédiens, dans la captation d'une mise en scène vue en classe. Le texte de Musset donne peu d'indications scéniques : le metteur en scène doit tout inventer, le décor, les costumes, les gestes, les silences. La comparaison entre ce que l'on avait imaginé à la lecture et ce que montre le plateau fait apparaître ce qu'est une mise en scène : une lecture, une interprétation du texte.

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6Texte 2 · Séance 5

Une joute oratoire

Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, scène 1 : Octave et Marianne

Une jeune femme en grande robe rose, assise sur des coussins, écoute un homme vêtu de blanc penché vers elle
Umberto Brunelleschi, « Aimez-vous les chevaux, la chasse, les fêtes, les spectacles ? », illustration des Caprices de Marianne, 1913 ✱Marianne, belle et fière, face à un interlocuteur : la pièce est faite de ces joutes de paroles.Domaine public · Wikimedia Commons

Situation. C'est la seconde entrevue entre Octave et Marianne ; la première, à l'acte I, a abouti à l'échec de la médiation d'Octave. Ce désaveu cinglant a pour effet le renoncement de Cœlio, comme l'apprend la conversation entre Ciuta, la première entremetteuse, et Octave, le second. Ce renoncement encourage Octave à tenter de nouveau sa chance, par entêtement, lui qui se sent « une autre Marianne ». Cet entêtement s'explique aussi par la haine qu'il éprouve pour Claudio, son cousin, qu'il « méprise et abhorre depuis les pieds jusqu'à la tête ».

Le passage. Marianne sort pour se rendre à vêpres ; Octave l'aborde. Elle l'accueille par des railleries : Cœlio a-t-il donc besoin d'un ambassadeur, d'un interprète, d'une nourrice ? Octave réplique pied à pied et lui reproche sa froideur : elle a été nourrie, dit-il en substance, du lait de l'indifférence. Il la compare à une fleur sans parfum, à une statue que rien n'anime. Marianne change alors de stratégie et répond par trois longues tirades : elle y dénonce la condition des femmes, condamnées d'avance, soit comme femmes faciles si elles cèdent, soit comme beautés glaciales si elles résistent. (Texte distribué en classe.)

« Une rose du Bengale, Marianne, sans épine et sans parfum. »

Octave à Marianne, acte II, scène 1 [citation à vérifier dans l'édition de la classe]
Carte mentale de l'étapejoute oratoireVoir dans le Lexique →
7Texte 3 · Séance 6

Le vin et la femme

Musset, Les Caprices de Marianne, acte II : la troisième entrevue

Gravure : un jeune homme assis sous une tonnelle près d'une table servie regarde une jeune femme debout
Eugène Lami (dessin) et Adolphe Lalauze (gravure), vignette pour Les Caprices de Marianne, XIXe siècle ✱Octave attablé devant une cruche de vin, Marianne debout face à lui : le vin et la femme.Domaine public · Wikimedia Commons

Situation. Après l'entrevue animée de Marianne et de Claudio, au cours de laquelle Marianne a tout dit à son mari, Octave retrouve Cœlio. Il abandonne la partie : Marianne est « une bégueule », et lui-même est resté « comme une brute », sans pouvoir lui répondre. Cœlio, qui a un projet, refuse la proposition d'Octave de prendre une maîtresse plus facile. Resté seul, Octave s'attable devant un cabaret et s'enivre. Il voit alors arriver Marianne.

Le passage. C'est la troisième entrevue des deux personnages. Une relation se noue dans le conflit, qui est devenu un plaisir de la joute. Marianne vient chercher querelle à Octave et continue de filer l'image qu'il avait lui-même employée : le vin vaut la femme. Elle le met devant la contradiction de son comportement à l'égard de cette image. Octave répond par une petite leçon de morale : il oppose la beauté généreuse, qui se donne, à la beauté avare, qui se refuse. (Texte distribué en classe.)

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8Texte 4 · Séance 7

Le dénouement

Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, dernière scène : le cimetière

✱Situation. Marianne a donné rendez-vous à Octave, qui a envoyé Cœlio à sa place. Avertie que son mari a posté des spadassins dans le jardin, elle a voulu prévenir celui qu'elle attendait ; Cœlio, l'entendant prononcer le nom d'Octave, s'est cru trahi par son ami et s'est laissé tuer. La dernière scène se déroule dans un cimetière, devant le tombeau de Cœlio.

Cette scène finale est marquée par une série de ruptures. Rupture de lieu d'abord : pour la première fois, la scène s'éloigne de la rue et de la maison de Claudio, où se concentrait l'action. Rupture de ton ensuite : la comédie s'achève sur une tombe. Ce dénouement avait pourtant été annoncé : au premier acte, Hermia, la mère de Cœlio, racontait à son fils l'histoire d'Orsini, un amoureux qui avait pris un ami pour intermédiaire, avait vu la femme aimée se tourner vers cet ami et en était mort.

Acte II, dernière scène · « Cœlio était la bonne partie de moi-même »
Portrait de Alfred de Musset
Alfred de Musset1810 – 1857

Un cimetière. OCTAVE et MARIANNE, auprès d'un tombeau.

Octave
Moi seul au monde je l'ai connu. Cette urne d'albâtre, couverte de ce long voile de deuil, est sa parfaite image. […] Cœlio était la bonne partie de moi-même ; elle est remontée au ciel avec lui. C'était un homme d'un autre temps ; il connaissait les plaisirs, et leur préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité. Elle eût été heureuse, la femme qui l'eût aimé.

Marianne
Ne serait-elle point heureuse, Octave, la femme qui t'aimerait ?

Octave
Je ne sais point aimer ; Cœlio seul le savait. […] Je ne suis qu'un débauché sans cœur ; je n'estime point les femmes ; l'amour que j'inspire est comme celui que je ressens, l'ivresse passagère d'un songe. […] Ma gaieté est comme le masque d'un histrion ; mon cœur est plus vieux qu'elle, mes sens blasés n'en veulent plus. Je ne suis qu'un lâche ; sa mort n'est point vengée.

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, dernière scène (1833), début (extraits)

Une ruelle la nuit, éclairée par une lanterne : des musiciens et des hommes armés devant une maison
Charles Martin, illustration des Caprices de Marianne pour les Œuvres complètes illustrées d'Alfred de Musset, 1928 ✱La nuit, des hommes armés et des musiciens dans une rue : l'atmosphère du guet-apens où meurt Cœlio.Domaine public · Wikimedia Commons

✱[Marianne objecte que Claudio est trop vieux pour accepter un duel et trop puissant pour craindre Octave.]

Acte II, dernière scène · « Adieu l'amour et l'amitié ! »

Octave
Cœlio m'aurait vengé si j'étais mort pour lui comme il est mort pour moi. Ce tombeau m'appartient : c'est moi qu'ils ont étendu dans cette sombre allée ; c'est pour moi qu'ils avaient aiguisé leurs épées ; c'est moi qu'ils ont tué. Adieu la gaieté de ma jeunesse, l'insouciante folie, la vie libre et joyeuse au pied du Vésuve ! adieu les bruyants repas, les causeries du soir, les sérénades sous les balcons dorés ! adieu Naples et ses femmes, les mascarades à la lueur des torches, les longs soupers à l'ombre des forêts ! adieu l'amour et l'amitié ! ma place est vide sur la terre.

Marianne
Mais non pas dans mon cœur, Octave. Pourquoi dis-tu : adieu l'amour ?

Octave
Je ne vous aime pas, Marianne ; c'était Cœlio qui vous aimait.

Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, dernière scène (1833), fin

Carte mentale de l'étapedénouementVoir dans le Lexique →
9Séance 8 · Module

Construire un paragraphe de commentaire

Beaumarchais, Le Barbier de Séville, acte II : la scène de la lettre

✱En module (demi-groupe), on s'entraîne au commentaire sur une scène de comédie. Dans Le Barbier de Séville (1775), le vieux docteur Bartholo, tuteur jaloux, veut épouser sa pupille Rosine, qu'il tient enfermée. Le comte Almaviva, déguisé, a réussi à glisser une lettre à la jeune fille. Bartholo l'a vu et exige de lire ce papier ; Rosine, qui le cache, se défend par la ruse : elle dissimule, feint l'indignation, puis l'évanouissement, et tombe dans un fauteuil, ce qui lui permet d'échanger la lettre. (Acte II, scène 15 [numéro de scène à vérifier dans l'édition de la classe], texte distribué en classe.)

Les élèves ont rédigé, par groupes, des paragraphes de commentaire, projetés ensuite sur transparent et corrigés en commun. Le plan suivi était le suivant.

PartieIdée directrice
I.1Une scène animée et vive : les interjections se succèdent (« Ah, ah ! », « Bon ! »).
I.2La fonction des objets : la lettre, objet central de l'intrigue ; la porte ; le fauteuil, qui sert à Rosine pour simuler sa chute.
I.3Les apartés et la double énonciation : « Dissimulons » ; « Si je ne le mets pas en colère, il n'y aura pas moyen d'y refuser ».
II.1L'enchaînement des répliques : questions et réponses, exclamations, absence de tirades.
II.2L'évolution du contenu des répliques : de la jalousie à une lutte de pouvoir entre le tuteur et sa pupille.
Carte mentale de l'étapecommentaireVoir dans le Lexique →
10Séance 9 · Évaluation

Texte et représentation

Évaluation de fin de séquence · sujet de type bac, 3 heures

Le devoir reprend la forme de l'épreuve écrite de l'EAF en série technologique : des questions sur un corpus de trois textes (6 points), puis un exercice d'écriture au choix (14 points). Le corpus réunit un drame romantique, une tragédie et une comédie : il permet de réinvestir tout le travail de la séquence sur l'exposition, l'espace scénique et les didascalies.

Texte A · Acte I, scène 1 · « Serait-ce déjà lui ? »
Portrait de Victor Hugo
Victor Hugo1802 – 1885

▶ Écouter toute la pièce Hernani (Littérature audio)

Acte premier : Le roi. Saragosse. Une chambre à coucher. La nuit. Une lampe sur une table.

DOÑA JOSEFA DUARTE, vieille, en noir, avec le corps de sa jupe cousu de jais1, à la mode d'Isabelle la Catholique ; DON CARLOS.

Doña Josefa seule. Elle ferme les rideaux cramoisis2 de la fenêtre et met en ordre quelques fauteuils. On frappe à une petite porte dérobée à droite. Elle écoute. On frappe un second coup.

Un nouveau coup.


Un quatrième coup.

Elle ouvre la petite porte masquée. Entre don Carlos, le manteau sur le nez et le chapeau sur les yeux.

Elle l'introduit. Il écarte son manteau et laisse voir un riche costume de velours et de soie, à la mode castillane de 1519. Elle le regarde sous le nez et recule étonnée.

Don Carlos lui saisissant le bras

Il la regarde fixement. Elle se tait, effrayée.

[La scène se poursuit : Josefa se tait, puis répond par de simples « oui » aux questions de don Carlos.]

Victor Hugo, Hernani, acte I, scène 1 (1830), début

Une salle de théâtre à balcons dorés, comble et agitée, sous un grand lustre
Albert Besnard, La Première d'Hernani. Avant la bataille, huile sur toile, 1905 ✱Le soir de la première d'Hernani en 1830 : le public se déchire sur cette ouverture qui choque.Domaine public · Wikimedia Commons

1. Pierre noire et brillante. 2. D'un rouge foncé tirant sur le violet. 3. Au secours ! 4. Femme âgée chargée de veiller sur la conduite d'une jeune femme. 5. Qui touche à sa fin, très vieux.

Texte B · Acte I, scène 1 · « Arrêtons un moment »
Portrait de Jean Racine
Jean Racine1639 – 1699

▶ Écouter toute la pièce Bérénice (Littérature audio)

Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui lui avait même promis de l'épouser, se voit contraint de la renvoyer de Rome dès les premiers jours de son Empire. ANTIOCHUS1, ARSACE2.

Antiochus

[Arsace s'étonne qu'un roi, ancien amant de Bérénice, se dise « importun » ; Antiochus lui ordonne d'obéir.]

Jean Racine, Bérénice, acte I, scène 1, v. 1-10 (1670)

1. Prince d'Orient, amoureux de Bérénice, qui ne partage pas son amour. 2. Confident d'Antiochus. 3. Le luxe. 4. Empereur de Rome, amoureux de Bérénice. 5. Bérénice, qui aime Titus.

Texte C · Acte V, scène 3 · « Ô ma chère cassette ! »
Portrait de Molière
Molière1622 – 1673

Valère, intendant d'Harpagon, aime Élise, la fille de ce dernier. Lorsqu'on dérobe à Harpagon la cassette où il conservait son argent, il accuse son intendant. Mais Valère croit être accusé de l'enlèvement d'Élise.

Valère
Moi ? Je ne l'ai point enlevée, et elle est encore chez vous.

Harpagon à part
Ô ma chère cassette ! (Haut.) Elle n'est point sortie de ma maison ?

Valère
Non, monsieur.

Harpagon
Hé ! dis-moi donc un peu : tu n'y as point touché ?

Valère
Moi, y toucher ! Ah ! vous lui faites tort, aussi bien qu'à moi ; et c'est d'une ardeur toute pure et respectueuse que j'ai brûlé pour elle.

Harpagon à part
Brûlé pour ma cassette !

Valère
J'aimerais mieux mourir que de lui avoir fait paraître aucune pensée offensante : elle est trop sage et trop honnête pour cela.

Harpagon à part
Ma cassette trop honnête !

Valère
Tous mes désirs se sont bornés à jouir de sa vue, et rien de criminel n'a profané la passion que ses beaux yeux m'ont inspirée.

Harpagon à part
Les beaux yeux de ma cassette ! Il parle d'elle comme un amant d'une maîtresse.

[Valère invoque le témoignage de dame Claude, la servante ; Harpagon, de plus en plus perdu, finit par demander : « Que nous brouilles-tu ici de ma fille ? »]

Molière, L'Avare, acte V, scène 3 (1668), extrait

11Séance 10 · Corrigé

Correction de l'évaluation

Questions sur le corpus, commentaire et invention

I. Questions sur le corpus : réponse rédigée

Introduction. Le corpus soumis à notre étude comprend trois textes théâtraux. Deux d'entre eux appartiennent à l'époque classique et sont presque contemporains ; ils s'opposent par leur genre : Bérénice (1670) est une tragédie de Racine, alors que L'Avare (1668) est une comédie de Molière. Le troisième texte est un extrait d'Hernani, drame romantique de Victor Hugo dont la première représentation, en 1830, donna lieu à une célèbre bataille sur l'esthétique théâtrale. Ces trois textes jouent fortement des possibilités du langage théâtral pour mettre en valeur les spécificités de leur genre. Nous comparerons d'abord la façon dont les dramaturges organisent l'espace scénique dans les extraits d'Hernani et de Bérénice, puis l'usage des didascalies chez Hugo et chez Molière.

1. L'espace scénique (textes A et B). L'espace scénique correspond à l'ensemble des éléments constitutifs du décor et à sa géographie sur la scène : c'est de son organisation que dépend la mise en scène. L'importance des didascalies frappe le lecteur de la première scène d'Hernani. Elles indiquent à la fois le lieu, « une chambre à coucher », et le moment, « la nuit » ; elles détaillent les éléments du décor (lampe, table, rideaux cramoisis, fauteuils, fenêtre) et règlent avec minutie les entrées et les sorties : « une petite porte dérobée à droite », « la petite porte masquée ». Une didascalie interne désigne en outre un élément hors scène, l'escalier : « C'est bien à l'escalier / Dérobé. » L'exposition de Bérénice organise elle aussi l'espace, mais autrement : sans aucune didascalie, la courte tirade d'Antiochus dessine un lieu fastueux (« la pompe de ces lieux », « ce cabinet superbe ») et place sur la scène deux portes menant aux appartements de Titus et de Bérénice : « De son appartement cette porte est prochaine, / Et cette autre conduit dans celui de la Reine. » Ce sont les didascalies internes qui dessinent ce lieu à la fois luxueux et secret, à mi-chemin entre les deux amants.

2. Les didascalies (textes A et C). Molière et Hugo utilisent les didascalies dans des perspectives à la fois complémentaires et opposées : toutes accentuent la théâtralité de la scène, mais elles servent des intentions esthétiques différentes. Hugo impose un dispositif qui ne laisse rien au hasard. Doña Josefa doit accueillir en cachette l'amant de sa maîtresse, Hernani, mais reçoit la visite de don Carlos. Les didascalies insistent donc sur la richesse des costumes (« le corps de sa jupe cousu de jais », « riche costume de velours et de soie »), sur la dissimulation (« le manteau sur le nez et le chapeau sur les yeux ») et sur une gestuelle forte, celle d'une scène d'intimidation (« lui saisissant le bras », « il la secoue par le bras »), dont l'effet est l'effroi de la victime : « Elle se tait, effrayée. » Elles accentuent la tension dramatique. Chez Molière, au contraire, les didascalies ont une fonction essentiellement comique : elles se résument aux mentions des apartés d'Harpagon. Le comique de situation repose sur un quiproquo qui fait confondre Élise et la cassette ; les apartés font jouer à plein la double énonciation et soulignent l'étonnement d'Harpagon devant les réponses de Valère.

Conclusion. Ces trois moments de théâtre fondent leur efficacité spectaculaire sur un langage qui leur est propre : l'usage des didascalies internes ou externes montre comment le dramaturge visualise l'espace scénique et le compose de manière plus ou moins dirigiste ; il prouve aussi que les didascalies peuvent servir efficacement les registres dramatique et comique.

II. L'invention : analyser les contraintes

Le sujet prend appui sur l'extrait de L'Avare, scène comique de quiproquo à deux personnages. Il faut toujours identifier le texte du corpus dont le sujet s'inspire, afin d'y reconnaître d'avance les caractéristiques formelles à reproduire.

Contrainte expliciteCe qu'elle implique
Scène de comédiePrésentation de type « scène de théâtre » : disposition du dialogue, numérotation de la scène, didascalie de décor, éventuellement présentation de la situation. Comédie de mœurs, de caractère ou d'intrigue ; milieu bourgeois ; intrigue amoureuse de préférence ; personnages de même rang ou de rangs différents (valet, maître, dame de compagnie, amoureux éconduit…).
QuiproquoMéprise qui fait prendre une personne ou une chose pour une autre, et situation qui en résulte. La scène doit reposer tout entière sur ce malentendu, source du comique.
Dialogue adapté au genreUn dialogue vif et animé, porté par des répliques courtes qui s'enchaînent de diverses manières (interruptions, réponses du tac au tac) ; interrogations et exclamations dominantes.
Formes du langage théâtralLes didascalies jouent un rôle important : mise en valeur de la double énonciation (à part, bas, haut), jeu d'acteur, déplacements, gestes, mimiques, intonations.
Contrainte implicite généraleUne langue nécessairement soignée, quel que soit le sujet : correction orthographique et syntaxique.

✱Sources : documents de la séquence « Les Caprices de Marianne · Texte et représentation » (Première STT, novembre 2003 - janvier 2004) : entrée dans l'œuvre et images de quatre éditions (6 novembre 2003) ; corpus sur l'exposition et Phèdre, I, 1 (11 novembre 2003) ; plan du texte 2 (25 novembre 2003) ; étude de la mise en scène de la scène 1 et plan du texte 3 (2 décembre 2003) ; transparent du module sur Le Barbier de Séville (4 décembre 2003) ; plan du texte 4 (9 décembre 2003) ; évaluation de fin de séquence et corrigé (décembre 2003 - janvier 2004). Textes de Musset, Racine, Marivaux, Hugo et Molière (domaine public) ; Œdipe roi (traduction moderne) et Beaumarchais résumés. Les extraits des Caprices de Marianne, absents du dossier, sont cités d'après le texte de 1833 et sont à relire sur l'édition de la classe. Complétés pour ce manuel (signalés par la pastille) : résumés de situation, contexte du module et petits lexiques.

AaMémento

Lexique

Les cartes mentales et les mots à connaître de la séquence, pour apprendre et réviser.

Les cartes mentales ✱

Une carte par mot important : au centre le mot, autour ses synonymes, ses contraires, sa famille, son origine, ses expressions et les œuvres où il compte. Lis-la, cache-la, puis redessine-la de mémoire.

Carte mentale ✱paratextenom masculin
Synonymes

seuil du textepéritexteéléments d'accompagnement

Dérivés

texten. m.textueladj.textuellementadv.contexten. m.intertextualitén. f.

Champ lexical

titrecouverturepréfacequatrième de couvertureliste des personnageshorizon d'attente

Étymologie
  • para grec : à côté de
  • textus latin : tissu, trame, d'où « texte »
  • paratexte mot créé par Gérard Genette (XXe siècle)
Expressions
  • l'horizon d'attente : ce que le lecteur attend avant de lire
  • la quatrième de couverture : le résumé au dos du livre
  • le péritexte : le paratexte situé dans le livre
Références culturelles
  • Gérard Genette, Seuils, 1987Genette invente la notion de paratexte : titre, préface, notes, tout ce qui entoure le texte.
  • Marivaux, La Double Inconstance, 1723Le titre, la liste des personnages et l'indication du lieu préparent la lecture de la pièce.
  • Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833Titre, liste des personnages et cadre napolitain orientent la lecture avant même la première scène.
Carte mentale ✱expositionnom féminin
Synonymes

présentationintroductionouverturemise en place

Antonymes

dénouementconclusion

Dérivés

exposerv.exposén. m.exposantn. m.positionn. f.

Champ lexical

personnageslieusituationintrigueenjeuacte I

Étymologie
  • ponere latin : poser, placer
  • exponere latin : mettre dehors, exposer, expliquer
Expressions
  • la scène d'exposition : première scène qui présente l'intrigue
  • in medias res : latin : au milieu de l'action
Références culturelles
  • Molière, Le Mariage forcé, 1664La première scène présente Sganarelle et son projet de mariage.
  • Molière, Le Médecin malgré lui, 1666La dispute de Sganarelle et Martine présente les personnages et lance l'intrigue.
  • Molière, Les Fourberies de Scapin, 1671Octave et Silvestre exposent la situation : le retour des pères menace les amours des fils.
Carte mentale ✱mise en scènenom féminin (groupe nominal)
Synonymes

régiescénographieréalisationdirection d'acteurs

Dérivés

metteur en scènen. m.mettrev.scènen. f.scéniqueadj.scénographien. f.scénarion. m.avant-scènen. f.

Champ lexical

metteur en scènedécorcostumelumièresacteurreprésentation

Étymologie
  • mittere latin : envoyer, placer, d'où « mettre »
  • skênê grec : tente, baraque ; puis scène du théâtre
  • scaena latin : scène
Expressions
  • c'est de la mise en scène : c'est arrangé pour tromper
  • monter une pièce : la mettre en scène
Références culturelles
  • Molière, L'Impromptu de Versailles, 1663Molière s'y met lui-même en scène dirigeant ses comédiens pendant une répétition.
  • Molière, Les Fourberies de Scapin, 1671La scène du sac est un défi de mise en scène, très visuel et rythmé.
  • Denis Diderot, Paradoxe sur le comédien, publié en 1830Diderot y réfléchit au jeu de l'acteur : le grand comédien garde la tête froide.
Carte mentale ✱joute oratoirenom féminin
Synonymes

duel verbalpasse d'armesaffrontement verbalcontroverse

Antonymes

accordentente

Dérivés

jouterv.jouteurn. m.orateurn. m.oraisonn. f.

Champ lexical

répliqueargumentespritironiestichomythievivacité

Étymologie
  • juxta latin : près de
  • jouter ancien français, du latin populaire *juxtare : combattre de près
  • orare latin : parler, prier
  • oratorius latin : de l'orateur, d'où « oratoire »
Expressions
  • une joute : d'abord : combat à cheval, à la lance
  • la stichomythie : échange de répliques très brèves
  • se renvoyer la balle : se répondre avec vivacité
Références culturelles
  • Pierre Corneille, Le Cid, 1637Le Comte et Don Diègue s'affrontent par les mots avant le soufflet, puis Rodrigue défie le Comte.
  • Molière, Le Misanthrope, 1666Alceste et Philinte s'opposent dès la première scène sur la sincérité et la politesse.
  • Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833Octave et Marianne s'affrontent en répliques brillantes, entre galanterie et ironie.
Carte mentale ✱ivressenom féminin
Synonymes

ébriétégriserieexaltationenivrement

Antonymes

sobriétéluciditétempérance

Dérivés

ivreadj.ivrognen. m.ivrognerien. f.enivrerv.enivrantadj.désenivrerv.

Champ lexical

vincabaretdébaucheoublimélancoliefête

Étymologie
  • ebrius latin : ivre
  • ivre ancien français, d'où « ivresse »
  • enivrer, ivrogne mots de la même famille
Expressions
  • « Enivrez-vous » : poème en prose de Baudelaire
  • l'ivresse de la vitesse : exaltation, griserie
  • être ivre de joie : transporté de bonheur
Références culturelles
  • François Rabelais, Gargantua, 1534 [à vérifier]Le chapitre des « propos des bien ivres » célèbre le vin et la joie de boire.
  • Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833Octave, fêtard souvent ivre, s'oppose au mélancolique Cœlio.
  • Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869Dans « Enivrez-vous », Baudelaire invite à s'enivrer de vin, de poésie ou de vertu.
  • Émile Zola, L'Assommoir, 1877Zola montre la déchéance de Gervaise et de Coupeau, ravagés par l'alcool.
Carte mentale ✱dénouementnom masculin
Synonymes

finconclusionissuerésolutionépilogue

Antonymes

expositionnœud

Dérivés

dénouerv.nouerv.renouerv.nœudn. m.

Champ lexical

mariagereconnaissancefin heureuseintriguerésolutioncoup de théâtre

Étymologie
  • nodus latin : nœud
  • dénouer défaire le nœud, c'est-à-dire l'intrigue
Expressions
  • un dénouement heureux : la fin joyeuse de la comédie
  • le deus ex machina : intervention inattendue qui règle tout
  • une scène de reconnaissance : on découvre la vraie identité d'un personnage
Références culturelles
  • Molière, Le Médecin malgré lui, 1666Léandre, devenu riche héritier, obtient Lucinde : le dénouement sauve aussi Sganarelle.
  • Molière, L'Avare, 1668Des reconnaissances inattendues permettent de marier les jeunes gens.
  • Molière, Les Fourberies de Scapin, 1671Reconnaissances finales : Hyacinte et Zerbinette retrouvent leurs pères.
Carte mentale ✱commentairenom masculin
Synonymes

analyseexplication de textelecture analytiqueétude

Antonymes

paraphrase

Dérivés

commenterv.commentateurn. m.

Champ lexical

problématiqueaxecitationprocédéinterprétationintroduction

Étymologie
  • comminisci latin : imaginer, concevoir
  • commentarius latin : notes, mémoire, recueil de remarques
Expressions
  • sans commentaire ! : inutile d'en dire plus
  • citer et analyser : le geste de base du commentaire
  • le commentaire composé : ancien nom de l'exercice organisé en parties
Références culturelles
  • Charles Baudelaire, « La Beauté », Les Fleurs du mal, 1857Sonnet souvent commenté : la Beauté y parle comme une statue, « un rêve de pierre ».
  • Charles Cros, « Le Tsigane », Le Coffret de santal, 1873Poème du Coffret de santal choisi comme support d'exercice de commentaire. [à vérifier]
  • Roman Jakobson et Claude Lévi-Strauss, « "Les Chats" de Charles Baudelaire », L'Homme, 1962Célèbre commentaire structural d'un sonnet de Baudelaire, analysé dans ses moindres détails.
12IAPour aller plus loin

Activités avec l'IA ✱

Ces activités sont différentes des exercices du cours : elles se font avec un assistant d'intelligence artificielle, en classe ou à la maison. Elles ont été rédigées pour le site avec l'aide d'une IA (signe ✱).

Trois règles avant de commencer
  • L'IA ne fait pas le travail à ta place : tu écris d'abord, elle t'aide à vérifier ou à aller plus loin.
  • Ne donne jamais ton nom, ton établissement ni rien de personnel.
  • L'IA se trompe souvent : elle invente des citations, des dates, des faits. Vérifie toujours dans ton manuel.
1

Marianne se défend

En classe25 min

Objectif. Comprendre la joute oratoire de l'acte II, scène 1 en faisant parler Marianne face à Octave.

  1. Relis la scène entre Octave et Marianne (acte II, scène 1) et le plan construit en classe.
  2. Le professeur demande à l'IA de jouer Marianne.
  3. Des élèves jouent Octave et lui répondent avec des arguments tirés de la scène.
  4. La classe compare : l'ironie de l'IA ressemble-t-elle à celle de Marianne chez Musset ?
À écrire à l'IA

Tu joues Marianne dans Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset (1833, acte II, scène 1). Octave vient plaider la cause de son ami Cœlio. Réponds-lui avec ironie, comme dans la pièce, en cinq ou six lignes. Ensuite, attends les répliques d'Octave et réponds-y.

Garde ton esprit critique. Comparez avec la scène : l'IA invente-t-elle des répliques qu'elle présente comme celles de Musset ? Relevez une vraie réplique de Marianne qui est plus forte que celle de l'IA.

2

Corriger un paragraphe de commentaire

À la maison30 min

Objectif. S'entraîner à construire un paragraphe de commentaire (idée, citation, analyse, interprétation).

  1. Rédige un paragraphe de commentaire sur le dénouement (acte II, dernière scène, le cimetière).
  2. Demande à l'IA de vérifier sa structure avec le prompt.
  3. Compare ses remarques avec l'atelier de la séance 8 (« corriger un paragraphe »).
  4. Réécris ton paragraphe toi-même.
À écrire à l'IA

Voici un paragraphe de commentaire sur la dernière scène des Caprices de Marianne de Musset (Octave et Marianne au cimetière) : [colle ton paragraphe]. Dis-moi si on y trouve une idée directrice, une citation, une analyse de procédé et une interprétation. Signale ce qui manque, sans réécrire le paragraphe.

Garde ton esprit critique. Vérifie que l'IA ne te propose pas des citations inventées. Si elle dit qu'il manque une analyse, demande-toi quel procédé tu aurais pu nommer.

3

Octave et Cœlio, deux faces d'un même homme ?

En classe ou à la maison25 min

Objectif. Débattre de la lecture du dénouement : Octave meurt-il avec Cœlio ?

  1. Relis la fin de la pièce (« Cœlio était la bonne partie de moi-même »).
  2. Demande à l'IA de défendre la thèse ci-dessous.
  3. Réponds-lui en t'appuyant sur deux répliques précises.
  4. Écris ta conclusion personnelle en cinq lignes.
À écrire à l'IA

Défends en huit lignes la thèse suivante : « À la fin des Caprices de Marianne de Musset, Octave ne ressent aucun remords : il continue simplement sa vie de débauché. » Ensuite, attends ma réponse et dis-moi si mes arguments tirés du texte te font changer d'avis.

Garde ton esprit critique. La thèse est volontairement fausse. Vérifie que l'IA ne cite pas de répliques inventées pour la soutenir et qu'elle ne cède pas sans que tu aies donné de vraies preuves.

4

Comparer des scènes d'exposition

À la maison30 min

Objectif. Préparer la question de corpus sur l'espace scénique et les didascalies (Hugo, Racine, Molière).

  1. Relis les textes A (Hernani), B (Bérénice) et C (L'Avare) de l'évaluation.
  2. Réponds seul à la question : comment les dramaturges organisent-ils l'espace scénique dans A et B ?
  3. Demande ensuite à l'IA de relever les indications d'espace dans chaque texte.
  4. Compare ses relevés avec les didascalies réelles du manuel.
À écrire à l'IA

Je compare les débuts d'Hernani de Victor Hugo (1830, I, 1) et de Bérénice de Racine (1670, I, 1). Quelles différences y a-t-il dans la façon d'indiquer le lieu et d'organiser l'espace scénique ? Cite seulement des didascalies dont tu es sûr ; sinon, écris « à vérifier ».

Garde ton esprit critique. Compare chaque didascalie citée par l'IA avec celles du manuel. L'IA peut inventer des indications de décor qui n'existent pas.

✎Pour l'enseignant

Fiches d'activité d'une heure

2 fiches avec corrigé, prêtes à photocopier

  • 16
    Trois manières d'ouvrir une pièceConstruire la notion de scène d'exposition en comparant trois ouvertures (tragédie grecque, tragédie classique, comédie), puis s'entraîner à la question sur un…
  • 17
    Le quiproquo de la cassetteComprendre le mécanisme du quiproquo et le rôle des apartés, comparer l'usage des didascalies dans un drame romantique et dans une comédie (question du corpus…

Les fiches et leurs corrigés s'ouvrent en mode enseignant.